Trotski, le fascisme, Durban 2 et le silence de la gauche

Publié le par Comité 1905 Draguignan

lundi 6 avril 2009, par Alain Rubin


Trotski, qui polémiquera à ce sujet à différents moments contre différents théoriciens marxistes de la troisième et de la seconde internationale, expliquera que ce qui caractérise le fascisme c’est : la destruction de tous les éléments de la démocratie politique ; c’est l’anéantissement de toute représentation indépendante du mouvement ouvrier, même les représentations les plus timorées dès lors qu’elle ne sont pas enrégimentées et caporalisées par l’état et par ses moyens de contrôle policiers.

Le régime des ayatollah est né dans le sillage d’un authentique soulèvement, d’une véritable révolution politique et sociale dont le moteur était le mouvement ouvrier, la paysannerie et les minorités nationales (les Kurdes notamment), même si elle a utilisé les mosquées comme lieu de réunion et comme bouclier ; même si elle a croisé le réfugié de Neauphle-le-Château et ses fidèles futurs Pasdarans, même si elle a cru parmi certains segments stalino-maoïstes pouvoir utiliser le masque d’un « islam révolutionnaire », elle avait ses propres causes et ses espérances sociales et politiques qui croisèrent le chemin du djihadisme chiite qui lui planta d’abord des banderilles, par les emprisonnements, puis ses crocs dans la gorges avec les fusillades et les bombardements massifs du Kurdistan, avant de l’achever par les potences ou l’on mettra à mort beaucoup de cadres et militants des différentes organisations du mouvement ouvrier.

 

La révolution en Iran avait cru pouvoir pactiser avec son bourreau. Rien de nouveau sous le soleil. Ce qui est nouveau, c’est que trois décennies après, ici, en France et plus généralement en Europe, on trouve dans la contre révolution en Iran de l’anti-impérialisme digne d’intérêt ; ce serait un « anti-impérialisme » avec lequel il serait moral et hautement recommandable d’envisager une alliance, via les succursales libano- Hezbollah et palestino-Hamas et leurs sections en France, sections djihadistes que l’on a entendu publiquement, lors des manifestations « pour Gaza », appeler à tuer les Juifs partout ou on peut les trouver !

Des cercles dirigeants du PS, absolument muets sur la question de Durban2, à la direction de la défunte LCR devenue NPA, en passant par le POI (ou survivent les débris fossilisés du « lambertisme »), jusqu’aux traditionnels « bouffeurs de curés », ils ne disent rien. Parmi ces derniers les « libertaires ». Les uns et les autres, Durban2, ils ne connaissent pas, enfin pas encore. Je discutais, il y a quelques jours, avec un bouffeur de curés. Je lui faisais remarquer que lui et ses amis ne toléraient rien du Papisme. Que leur laïcité se réduisait à tirer sur une ambulance transportant un grand blessé, le Pape, privé de tribunaux d’inquisition et ne disposant d’aucun groupe de djihadistes, n’ayant pas de poseurs de bombes ni de fanatiques partant vers le mariage avec les « houris » (les vierges d’Allah) en s’allant faire sauter au milieu de leurs compatriotes. Pour cette « gauche » et pour les « bouffeurs de curés », tout cela serait pareil, le papisme et l’islamisme et le djihadisme. Et si Durban2 constitue une menace qu’ils ne discernent pas, on écarterait cette menace en tapant sans risque sur le papisme.

J’évoquais Trotski, parce que précisément, le régime des ayatollah correspond au fascisme tel qu’il le définissait.

Alain Rubin

Publié dans Politique et société

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