Pourquoi des organisations nient-elles la responsabilité de l’islam dans les violences faites aux femmes ?

Publié le par Comité 1905 Draguignan

mardi 18 novembre 2008, par Brigitte Bré Bayle


Le 25 novembre passe souvent inaperçu dans les médias. C’est pourtant une journée importante, celle dune mobilisation internationale contre les violences faites aux femmes. Les violences domestiques restent un fléau majeur en France. Face à l’ampleur du problème, les pouvoirs publics ont mis en place certains dispositifs relayés par des associations dont l’efficacité n’enlève rien à la difficulté persistante qu’il y a à enrayer ce fléau.

Les femmes victimes appartiennent à toutes les catégories sociales,mais il faut bien constater que ce sont dans les milieux imprégnées de traditions et de religion que les femmes sont le plus souvent réduites au silence, enfermées, humiliées ou battues.

Aujourd’hui, en France, les chiffres des violences contre les femmes demeurent toujours aussi inquiétants. Une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint. On estime à environ 60 000 le nombre de femmes et fillettes mutilées ou menacées de l’être. 70 000 adolescentes de 10 à 18 résidant dans des quartiers à forte population immigrée risquent d’être mariées de force.

 

Le drame qui a eu lieu dans la nuit du 4 au 5 novembre à Toulon, où une jeune lycéenne fut séquestrée et violentée par sa mère et ses deux sœurs parce qu’elle refusait un mariage imposé, prouve que les violences domestiques ne sont pas perpétuées que par les hommes. La famille, le clan, la communauté, peuvent être les vecteurs de terribles menaces pour toutes celles qui refusent de se soumettre à la dictature du groupe. Les musulmanes sont les premières victimes du poids de la religion qui les maintient à vie dans l’obligation d’obéissance. Il n’est pas rare, comme dans le cas de l’excision, que d’autres femmes relayent cette violence au nom de la tradition et qu’elles en soient les premières instigatrices par l’éducation qu’elles donnent à leurs enfants des deux sexes. Dans la plupart des familles musulmanes, les petits garçons sont formatés dans leur rôle dominant et les petites filles sont élevées comme de futures bonnes épouses. C’est le schéma classique de l’héritage machisme que des siècles de combats féministes ont tenté de faire disparaître en Europe.

Ce combat féministe ne s’est pas arrêté, en France, parce que les femmes ont obtenues le droit à disposer de leur corps. Il ne s’est pas arrêté en 1967 avec la loi Neuwirth, ni en 1975 avec la loi Veil. Aujourd’hui, l’égalité entre les hommes et les femmes est encore un combat à mener, et la lutte contre les violences faites aux femmes occupe une place prioritaire dans les campagnes menées par les associations de défenses des droits des femmes.

On y dénonce les viols et les mariages forcés, mais, combien de ces associations accusent l’islamisme d’être un facteur de violences envers les femmes, combien sont elles à fustiger les imams prosélytes et à réclamer l’interdiction du voile symbole de soumission ? Il leur est plus facile de s’opposer au port de la burqa que d’admettre que le nombre croissant de musulmanes voilées est un phénomène aussi grave et tout aussi inquiétant pour toutes les femmes de la planète. Le lien entre la prolifération du voile, celle de la burqa et le nombre de mariages dit « arrangés » ne doit pas faire de doute. Le premier signe de soumission, c’est le port du voile. Il donne une visibilité à la claustration des esprits, il fait de la jeune fille qui le porte un être sexuellement vulnérable qui ne s’appartient pas.

Parce que le drame de Toulon ne doit pas rester un fait divers parmi d’autres, les associations Regards de Femmes à Lyon (1) et Forum Femmes Méditerranées à Marseille (2) ont lancé un appel à Rachida Dati et à Valérie Letard (Regards de Femmes) pour que les lois Républicaines garantissant aux jeunes filles le libre choix de leur conjoint et la libre disposition de leurs corps soient appliquées.

Les coupables de l’affaire de Toulon ont été remises en liberté. Il faut croire que la justice Française est aveugle. Comment la République peut elle protéger ses enfants alors qu’elle banalise les violences commises au sein des familles musulmanes ? Il faut croire que les juges trouvent des circonstances atténuantes lorsque les coupables ont commis leur crime au nom de la religion. Il faut croire que la loi de notre pays s’applique selon des critères à géométrie variable. Les violences faites aux femmes sont sans doute moins graves lorsqu’elles sont exercées pour respecter des dogmes et des coutumes. On retrouve ce laxisme, cet accommodement de nos lois républicaines par respect du relativisme culturel, dans les procès contre l’excision. Ils se terminent systématiquement par des condamnations avec sursis.

La situation des jeunes musulmanes isolées dans les quartiers ghettos est dramatique. Rien n’est véritablement mis en place pour leur venir en aide. Ce n’est que lorsque les pressions familiales quotidiennes tournent au crime que les faits de violences quotidiennes sont révélés au grand jour. Et encore, comme pour Sohane, morte brûlée vive en 2002, comme pour Ghofrane, lapidée par trois garçons mineurs à Marseille en 2004, et comme pour les autres crimes d’honneur, la pression communautaire tente de dédramatiser les faits et la justice piétine.

Tant qu’une partie du mouvement féministe préfèrera privilégier la critique du système sociale au détriment de la défense de nos valeurs républicaines, tant que la lutte contre l’intégrisme musulman passera au second rang de leurs préoccupations, tant que les organisations d’extrême gauche tiendront le flambeau du Collectif National des Droits des Femmes, il sera difficile de rassembler les forces suffisantes pour faire reculer l’engrenage des violences domestiques perpétuées au nom de l’islam.

Il faut saluer le courage des militants de certaines associations, qui, comme ceux de Ni Putes, Ni Soumises, ceux de Regards de Femmes, de Femmes Contre les Intégrismes ou du Planning Familial, montent au front en allant sur le terrain. Intervenant dans les quartiers pour informer et aider les jeunes filles en situation de rupture familiale, ils investissent les zones de « non droit » avec les risques que cela comporte.

Pour l’heure, la question du voile, qui fut à l’origine de la scission du mouvement féministe en mars 2005, reste intimement liée à la problématique générale des violences contre les femmes. Lutter contre ces violences en considérant que le voile est acceptable parce qu’il n’est qu’un signe religieux, c’est cautionner le machisme que des siècles de combat féministe a tenté d’enrayer, c’est vouloir perpétuer les inégalités entre les hommes et les femmes. On ne peut pas se dire féministe et affirmer qu’une musulmane voilée n’est pas une femme soumise. On ne peut pas se dire anti raciste et prétendre que le voile n’est pas discriminatoire pour les musulmanes qui le portent. On ne peut pas se dire humaniste et accepter que l’islam relègue les femmes au second rang de l’humanité.

« Nous sommes laïcardes, puisque féministes » écrit Anne Zélensky. Nous sommes laïcardes parce que nous avons compris que la lutte contre les violences faites aux femmes passe par la condamnation du voile, symbole de soumission. Nous sommes laïcardes parce que nous nous opposons au despotisme de la bien pensance de gauche qui considère que les femmes musulmanes sont des victimes des inégalités sociales et qu’il faut donner la priorité à la lutte contre le capitalisme. Nous sommes laïcardes parce que nous osons dire que les musulmanes voilées sont les victimes d’un obscurantisme qui étouffe leur liberté, qu’elles sont les victimes d’une religion qui les rend esclaves des hommes de leur communauté. Nous sommes laïcardes parce que nous refusons que les lois du Coran transgressent les lois de la République, parce que nous refuserons que la laïcité soit donnée en pâture aux bonnes consciences dirigeantes, prêtes à trahir notre Histoire, prêtes à courber le dos devant l’offensive sournoise d’un fascisme dogmatique venu des pays islamiques.

Les combattants du djihad ne sont pas tous des poseurs de bombe. Un prosélytisme fanatique fait son travail au cœur même des cités de nos banlieues, au cœur même de certaines de nos grandes villes, comme à Marseille. Elle endoctrine la population musulmane de notre pays à travers les prêches des imams qui incitent les familles à respecter à la lettre les préceptes du Coran. Les jeunes filles musulmanes sont les premières victimes de cette pression communautiste. Elles doivent être protégées de l’incitation au port du voile. Elles ont droit, comme toutes les citoyennes Françaises, à la libre disposition de leur corps et au libre choix de leur conjoint. Ces violences familiales dont elles sont victimes, doivent être réprimées sévèrement par la loi républicaine, et il est inacceptable que des coupables soient relaxés.

Trop peu d’organisations de défense des droits, trop peu d’associations féministes, ont le courage d’affronter la réalité des faits de violence contre les femmes musulmanes. Ce qui s’est passé à Toulon n’a suscité qu’une réaction de la LDH au niveau local. Le mutisme de la Halde est, pour Regards de Femmes, une nouvelle raison d’en exiger la dissolution. Et du côté des associations féministes, elles sont rares à cibler ouvertement la religion musulmane comme facteur de violences. La plupart préfère parler de tradition tout en fustigeant le relativisme culturel. Mais lorsqu’il s’agit de mariage « arrangé », lorsqu’une famille interdit à une jeune fille d’épouser un non musulman, c’est bien de la religion dont il s’agit.

Alors n’ayons pas peur des mots : l’islam n’est pas une religion de tolérance car elle interdit aux femmes d’être libres, l’islam n’est pas une religion de paix car elle engendre des violences contre les femmes. Gageons que nous serons, féministes, « laïcards et laïcardes », de plus en plus nombreux à affirmer cette vérité. Pour que les lois de notre République qui garantissent aux femmes les mêmes libertés que les hommes soient appliquées et que soient abolies toutes les violences qu’elles subissent au nom de la religion.

Brigitte Bré Bayle

(1) regardsdefemmes.pdf

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