La proposition de loi de Jacques Myard est une évidence qui en appelle d’autres

Publié le par Comité 1905 Draguignan

mardi 7 octobre 2008, par Maurice Vidal


La proposition de loi n° 1121 du député Jacques Myard, visant à interdire le port de la burqa dans la sphère publique, relève du bon sens : « Toute personne allant et venant sur le territoire de la République doit avoir le visage découvert » ! Vouloir le contraire, c’est instaurer une valeur incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française, et notamment avec le principe d’égalité des sexes, car – on s’en serait douter – cette valeur incompatible avec nos valeurs n’est censée concerner que les femmes !

Mais on doit tout de suite faire remarquer que ce n’est pas parce que le port de la burqa résulte de certaines pratiques religieuses ou culturelles qu’il faut l’interdire en France : le port de la burqa doit être interdit en France parce que la France est le pays de l’égalité des droits, et par suite de l’égalité des sexes. Exit, donc, les arguments cultuels ou culturels susceptibles de justifier le port de la burqa : la pratique visant à cacher publiquement l’intégralité du corps d’une personne au seul motif que cette personne est de sexe féminin nous est inacceptable, comme nous serait inacceptable qu’il en fût ainsi pour le sexe masculin ! Ce ne sont ni les religions ni les cultures qui sont sacrées : c’est l’Homme, et l’Homme, c’est chaque être humain. Voilà l’universel !

 

Par la Déclaration des Droits de l’Homme, la France est le pays de l’universel. Autrement dit, les droits de la personne y sont universels. Ces droits valent pour toute personne, c’est-à-dire pour quiconque, d’où qu’il vienne et quels que soient ses géniteurs. Si donc nous voulons être cet universel, et plus encore si nous voulons le rester, nous ne devons jamais permettre que ces droits soient soumis à des règles spécifiques, qui font immanquablement le lit du communautarisme.

Non, la femme n’est pas un objet, car aucun être humain n’est un objet ! Oui, la femme a une personnalité, car la personnalité relève de la personne, et tout être humain est une personne ! Oui, la burqa déshumanise, et toute déshumanisation dégrade l’humain, qu’il soit femme ou homme. Oui, la burqa est une atteinte au sexe féminin comme au sexe masculin, et par suite à l’Homme même !

Mais le bon sens de la proposition de loi n° 1121 du député Jacques Myard, va plus loin encore par l’implicite qu’il contient, et qui n’est autre que le voile. Fadela Amara l’a dit clairement le 15 juillet dernier : « Le voile et la burqa, c’est la même chose ». Traduisez : la burqa, mais aussi le voile, sont inacceptables en France ! La différence n’est pas de nature mais de degré : si , selon les mots de Jacques Myard, la burqa « va bien au-delà d’un signe distinctif et prosélyte », c’est précisément qu’elle vient « d’un signe distinctif et prosélyte », et ce signe, c’est le voile ! Autrement dit, si « le port du voile intégral constitue la forme la plus extrême des dérives communautaristes », et s’il « porte directement atteinte au vouloir vivre ensemble dans une société diversifiée et démocratique, fondée sur l’égalité des sexes », alors le port du voile constitue à son tour une forme MOINS extrême des dérives communautaristes, et porte MOINS directement atteinte au vouloir vivre ensemble dans une société diversifiée et démocratique, fondée sur l’égalité des sexes, ce qui signifie qu’il EST une dérive communautariste, et qu’il PORTE ATTEINTE au vouloir vivre ensemble dans une société diversifiée et démocratique, fondée sur l’égalité des sexes !

Disons-le sans ambages : le voile islamique est contraire à nos valeurs. Il leur est même si contraire qu’il ne cesse d’empoisonner la vie politique française depuis la fameuse affaire de Creil, en septembre 1989, où trois jeunes filles s’étaient rendues voilées dans leur collège. Car force est de constater que cet empoisonnement va croissant, les trois collégiennes et leurs innombrables imitatrices n’ayant point troqué leur voile contre le jean, n’en déplaise à Jack Lang, Julien Dray, Danielle Mitterand ou Jean Bousquet !

La charia avance voilée ! Le voile fait avancer la charia ! Lentement mais sûrement, avec ce redoutable enthousiasme que donne l’aval religieux, la prescription coranique du voile compte toujours plus d’adeptes, ce qui en fait un réel danger pour la sérénité et le respect des valeurs républicaines, car son axiologie est étrangère à nos enseignements civiques et moraux. Les Français ont beau considérer la laïcité comme la garantie de la paix civile, et être déterminés à en défendre le principe face au prosélytisme islamique, ils ne peuvent que constater la multiplication des voiles sur l’ensemble du territoire national.

Voilà presque vingt ans que la République recule inconsidérément face aux exigences islamistes. Et voilà pourquoi on en arrive à demander, en octobre 2008, dans l’enceinte même de l’Assemblée nationale, qu’« aucune prescription culturelle ou religieuse n’autorise quiconque à voiler son visage sur la voie publique » !

Et cependant, malgré ces reculades – ou à cause d’elles – nous avons raison de souligner légalement les dangers qui nous menacent intra muros, car c’est la seule façon de rappeler que la République, pour accueillante qu’elle soit, ne saurait être islamisable, quitte à froisser tel ou tel enseignement contraire dispensé sur notre sol dans telle école coranique, telle mosquée ou à domicile ! Si la République venait à oublier cette réalité visible et parlante, et si les islamistes vivant en France oubliaient à leur tour la réalité visible et parlante des lois républicaines, alors rien ni personne ne protégerait qui que ce soit, et le vivre ensemble laisserait place au pire !

Maurice Vidal

Publié dans Politique et société

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