L’humanisme laïque contre le sectarisme haineux, la République contre la charia

Publié le par Comité 1905 Draguignan

Quand nous avons pris, l’été dernier, la décision de lancer Riposte Laïque, en pointant du doigt la grave sous-estimation de l’offensive islamiste par toute une mouvance laïque et féministe, nous savions que nous ne choisissions pas la facilité. En nous laçant dans cette aventure, nous étions tous bien conscients que cette position nous vaudrait, pour bien connaître quelques personnages du milieu, des calomnies colportées contre notre journal et certains de ses animateurs.

Si nous en étions restés à la dénonciation de la mondialisation libérale, à défendre la laïcité contre l’offensive des religions monothéistes, à dire que Sarkozy est un ennemi du salariat, que la plus mauvaise gauche, c’est quand même mieux que la meilleure droite, que les immigrés sont les victimes du système, et qu’il faut donner plus d’argent pour l’éducation que pour l’armée, sans oublier le réchauffement de la planète, nous n’aurions eu que des compliments… mais nous n’avions pas l’intention de nous ennuyer dans le cercle des sujets consensuels. Nous avions des convictions, nous étions prêts à répondre aux critiques et à faire face à toutes les confrontations.

Nous savions, en sortant des sentiers battus du politiquement correct, sur des sujets que la bien-pensance interdit d’aborder, comme le colonialisme, l’esclavage, l’immigration, l’intégration, le vote des immigrés, la régularisation des sans-papiers, la sécurité, l’islam, que nous allions nous exposer.

Nous n’en apprécions que davantage, aujourd’hui, la réaction qui nous est parvenue de la part de Denis Pelletier et de Jean-François Chalot, responsables laïques respectés. L’un est président de l’Association des Libres Penseurs de France, qui a quitté la Libre Pensée il y a plusieurs années, ne supportant plus la mainmise du Parti des Travailleurs. L’autre est président de l’Union des Familles Laïques du 77, et est haï - comme notre journal - par la direction nationale de son association, pour sa liberté d’esprit et son attachement au respect du débat démocratique.

Ce sont donc deux vrais militants laïques, deux hommes de terrain, que nous avons côtoyés lors de la campagne pour une loi contre les signes religieux à l’école, ou lors de réunions publiques communes. Ils nous écrivent, et nous disent : « Arrêtez de désespérer vos amis ! ». La raison de leur cri : ils sont en désaccord avec nous sur notre opposition à la régularisation des sans-papiers, sur notre hostilité au droit de vote aux immigrés, et ils ont sur l’école une lecture qui n’est pas la nôtre.

Nous répondrons, sous la plume de Gabrielle Desarbres, mais aussi par d’autres textes, donc celui de Guylain Chevrier, en toute fraternité, mais sans concessions sur le fond, aux désaccords exprimés par nos deux amis. Par ailleurs, nous leur disons, en toute amitié, que bien des intellectuels, hier, pour ne pas « désespérer Billancourt », taisaient la réalité de la dictature stalinienne du parti unique en URSS, et le sort des travailleurs soviétiques. Faudrait-il, aujourd’hui, taire certaines réalités qui tournent autour de l’immigration, pour ne pas « désespérer nos amis ? ». Cela ne sera jamais notre conception d’un journal d’esprits libres.

Ces deux militants sont, chose importante pour nous, profondément humains, dans leur démarche, dans leur volonté de dialoguer, par leur refus de tout anathème, de toute insulte. C’est ainsi que devraient se régler les rapports entre militants, encore plus quand ils se prétendent laïques. Ainsi, l’affaire Truchelut a montré de sérieuses divergences dans le camp laïque. Pour autant, nous ne considérons pas des personnes comme Catherine Kintzler, avec qui nous ne partageons pas sa défense du voile à l’université, ou Caroline Fourest, qui nous "étonne" de plus en plus, comme des ennemies. Nous les respectons, nous savons que notre camp a besoin d’elles, mais nous ne cachons pas l’ampleur de nos désaccords avec elles.

Cette humanité, ce respect de la personne manquent cruellement à certains petits chefs laïques, nationaux ou locaux, arc-boutés sur la défense de leur pré carré. Ceux-là sont prêts à toutes les bassesses, tous les ragots, tous les coups tordus, pour détruire des militants dont l’existence les exaspèrent.

Nous savons que Riposte Laïque est particulièrement visée. Ainsi, en moins de quinze jours, trois de nos collaborateurs ont été l’objet de diffamations sordides, au sein d’une association familiale laïque où ils militent. Cela nous laisse perplexes, nous ne savons comment analyser cette haine : problème d’ego, de pouvoir, derniers vestiges du stalinisme, pathologie grave, paranoïa ?...

En tout cas, certains militants, et pas seulement dans le milieu laïque, qui prétendent militer pour un monde meilleur, plus fraternel, plus solidaire, n’ont absolument rien d’humain dans leur comportement. Ce sont de froides machines, dont il faut se réjouir qu’elles n’accèdent jamais à un autre pouvoir qu’à celui de leur groupuscule, national ou local. Ils sont de véritables repoussoirs, par leur haine et leur sectarisme, pour construire une organisation, et attirer de nouveaux militants.

Nous aimerions surtout - à une époque où la pression musulmane visant à obtenir des « accommodements raisonnables » avec les lois de la République est socialement si forte qu’un tribunal en oublie délibérément le principe d’égalité des sexes au profit d’une conception archaïque et ignoble de la femme - qu’un sursaut républicain, laïque et féministe, secoue l’ensemble de la société, afin qu’en France certains cessent une bonne fois pour toutes de considérer la femme comme un objet immaculé appartenant à son Seigneur et Maître.

Le principal responsable du jugement moyen-âgeux de Lille, c’est d’abord Nicolas Sarkozy en personne, qui, par ses discours de Latran, de Ryad, d’Alger, a encouragé les islamistes et les communautaristes à accentuer leur offensive, et certains juges à rendre des verdicts anti-laïques. Nous n’allons pas donner quittus pour autant à une Martine Aubry, qui se dit indignée, et qui a, elle aussi, préparé un tel verdict avec ses piscines réservées aux musulmanes.

Il aura fallu 72 heures à Rachida Dati, qui défendait ce jugement, pour faire machine arrière, et donner l’ordre au Parquet de faire appel. L’indignation générale qui a suivi ce scandaleux verdict est un signe encourageant. Les citoyens de ce pays laïque n’ont pas envie d’accommodements raisonnables avec l’islam, et en ont marre des reculs permanents, de la lâcheté et des compromissions de beaucoup d’élus locaux ou nationaux.

Il est temps qu’on fasse comprendre aux obscurantistes que les lois de la République sont supérieures à celles de la charia. Il est temps d’en finir avec les discours de ceux qui désarment le camp laïque devant la pression islamiste, qu’elle ait lieu dans un tribunal, à l’école, dans la rue, sur les lieux de travail ou dans un gîte.

Publié dans Politique et société

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