«Ils chassent sur les terres du FN»

Publié le par Comité 1905 Draguignan

Interview

Vincent Peillon, eurodéputé socialiste, dénonce les visées électoralistes de Sarkozy :

Par LILIAN ALEMAGNA

Vincent Peillon est député (PS) au Parlement européen.

Ce débat sur l’identité nationale a-t-il un sens ?

Le gouvernement lance surtout ce débat pour ne pas parler de la France : l’école, la laïcité, les acquis sociaux… Tout va très mal et, d’un coup, à quelques mois des régionales, le gouvernement nous ressort les trois «i» : immigration, insécurité, impôts. Ils chassent sur les terres des extrémistes.

L’expression vous gêne-t-elle ?

Il y a un problème dans les termes. Jamais, dans toute son histoire républicaine, la France n’a lié sa nature au rapport avec ses étrangers. Elle a toujours considéré l’apport des autres nationalités comme une chose positive pour son identité, en étant extrêmement ouverte, avec une condition simple : l’adhésion à des valeurs communes.

Comment la gauche doit-elle se comporter dans ce débat ?

Elle doit dire la vérité. C’est le même ministre qui est passé en une semaine des charters à l’identité nationale… Mélanger le tout au problème de la burqa, et nous revenons aux pires moments de notre histoire. Je suis contre la burqa, mais ce n’est pas 350 jeunes femmes qui la portent qui menacent notre identité. A gauche, nous devons être décomplexés avec cette question : avoir une conception rationnelle mais aussi affective et symbolique de la nation. Dire quelle France on aime : celle de Pétain et de Boulanger ou celle d’Hugo et de l’anticolonialisme ? Pour nous, la France a un nom : la France républicaine.

La droite revendique aussi cette appellation…

Mais ce sont eux qui remettent en cause l’école, la laïcité. N’oublions pas que Sarkozy drague les communautés religieuses et crée l’amalgame en installant un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale.

Voyez-vous un clivage droite-gauche sur cette question ?

Ce débat montre surtout une certaine inculture et les sous-entendus d’une partie de la droite. Il faut faire aimer la France. Or le délitement social, l’abandon des banlieues, l’augmentation des discriminations ne conduisent pas la jeunesse à aimer son pays. La notion d’exemplarité est aussi importante. Et par son action, je ne pense pas que Nicolas Sarkozy soit un bon exemple.

Publié dans Politique et société

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