A Prague, Benoît XVI fustige les ravages de "l'idéologie athée" et du communisme

Publié le par Comité 1905 Draguignan

Dès son arrivée en République tchèque, samedi 26 septembre, le pape Benoît XVI, a évoqué avec insistance les "blessures causées par l'idéologie athée " des régimes communistes et s'est réjoui de leur effondrement il y a tout juste vingt ans. "Je m'unis à vous et à vos voisins en rendant grâce pour votre libération de ces régimes oppressifs", a-t-il déclaré devant le président tchèque Vaclav Klaus, venu l'accueillir à l'aéroport de Prague.

Néanmoins, pour le pape, le passé n'est visiblement pas soldé et la rechristianisation de la République tchèque est encore à venir. "Le coût de quarante ans de répression politique n'est pas à sous-estimer. Un drame particulier pour ce pays a été la tentative impitoyable du gouvernement de l'époque de réduire au silence l'Eglise", a-t-il estimé. Lors des vêpres célébrées devant les religieux tchèques, il a rappelé le martyre de "nombreux évêques, prêtres, religieux, religieuses et fidèles qui ont résisté avec une fermeté héroïque à la persécution communiste, jusqu'au sacrifice de leur vie".

Depuis la Révolution de Velours de 1989, la liberté de parole leur a certes été rendue, a rappelé Benoît XVI ; mais il faut aller plus loin, a laissé entendre le pape. Il a ainsi jugé que "l'engagement renouvelé de la part de toutes les composantes ecclésiales pour renforcer les valeurs spirituelles et morale dans la société actuelle" était "devenu urgent". "Vous percevez que même aujourd'hui, il n'est pas facile de vivre et de témoigner de l'Evangile", a-t-il souligné durant les vêpres. "La société actuelle porte encore les blessures causées par l'idéologie athée et elle est souvent fascinée par la mentalité moderne d'une consommation hédoniste, avec une dangereuse crise des valeurs humaines et religieuses et la dérive d'un relativisme éthique et culturel déferlant". Devant les autorités civiles et politiques du pays, adoptant une posture philosophique, le pape s'était auparavant interrogé sur "le juste usage" que les jeunes générations font de la "liberté humaine" retrouvée.

LE POIDS DES "RACINES CHRÉTIENNES"

Dans ce contexte particulier, plus de 40% de la population tchèque se revendiquent de l'athéisme, alors que seuls quelque 30% se reconnaissent dans le catholicisme, le pape a, de manière insistante, mis en avant le poids des "racines chrétiennes" du pays et la place des "martyrs" qui depuis 1000 ans ont jalonné son histoire. "Maintenant que la liberté religieuse a été rétablie, je fais appel à tous les citoyens de la République pour qu'ils redécouvrent les traditions chrétiennes qui ont façonné leur culture et j'invite la communauté chrétienne à continuer à faire entendre sa voix tandis que la Nation affronte les défis du nouveau millénaire".

Avant même son arrivée en République tchèque, Benoît XVI avait reconnu dans l'avion entre Rome et Prague le caractère minoritaire des catholiques en République tchèque, et plaidé pour un dialogue entre "agnostiques et croyants". Devant le président tchèque, il a toutefois "sincèrement souhaité" que "la lumière de la foi continue à guider cette nation". Dans son allocution de bienvenue, le président Klaus, qui n'est pas de culture catholique, indiquait pour sa part que, si leur vision des problèmes du monde contemporain était "proche", elle s'appuyait sur des "concepts philosophiques et scientifiques différents". Le premier contact de Benoît XVI avec les fidèles devrait avoir lieu dimanche 27 lors de la grande messe célébrée à Brno, devant plusieurs milliers de personnes, dont de nombreux Polonais et Slovaques.

Stéphanie le Bars

Publié dans Politique et société

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