Quand l’émission protestante découvre les effets « pervers » de la finance…

Publié le par Comité 1905 Draguignan

lundi 2 mars 2009, par Alain Rubin


Emission Agapè, consacrée ce matin à l’argent et à « notre rapport à l’argent ».

Pour commencer, on nous montrera le circuit d’un billet de 50 euros. Il y a quelques dizaines d’années la même historiette apparaissait déjà dans une aventure de Lucky Luck le cow boy solitaire.

Une belle brochette de spécialistes ce matin, pour presque une heure de tours et détours, pour éviter de se demander quelle est la cause ou quelles sont les causes structurelles qui ont explosé dans la crise des « subprimes » qui a été mentionnée par la présentatrice Catherine Matoche.

La question des questions :

Comment et pourquoi, par l’économie de dette et tous les produits dérivés de la finance, a-t-on cherché à surmonter les limites du marché, enfant de l’appropriation privée ?

Ou, pour dire autrement les choses : comment permettre d’aller au-delà des bornes de la demande solvable qu’impose le capitalisme en état de concurrence débridée et contraint de comprimer toujours plus la masse salariale, afin de poursuivre l’accumulation du capital et le procès de production en réalisant la production par l’acte d’achat ?

 

Exigences simultanées et contradictoires du procès de production et d’échange, quadrature du cercle en quelque sorte, dont sont sorties les recettes de l’économie de dette qui ont explosé dans la crise des subprimes..

Comment, se demandera-t-on en 1970, faire travailler les pétrodollars surgissant toujours plus massivement, sous l’aspect du capital erratique dit « capitaux flottants » ?

Bien évidemment, naïf celui qui pouvait croire que nos philo islamistes et leurs invités de l’émission « Agapè », plus ou moins faux naïfs, puissent produire autre chose qu’un bruit de faux semblant d’explication et des banalités superficielles : « faire obstacle à la corruption » et l’empêcher par une « réforme des valeurs », par la recherche « d’autre chose que l’argent » et par « l’éthique de l’argent ou l’argent éthique »... bref, remplir un sceau sans fond.

Le fond apparent de l’émission : l’argent ne doit pas faire de profit. Le prêt à intérêt n’est pas religieusement licite. L’argent ne vaut si je le fais circuler… blablabla.

Le but réel de cette émission « protestante », sous prétexte de découvrir que valeur d’usage et valeur d’échange, dans la personne de l’argent, peuvent se déconnecter et que « l’argent peut aujourd’hui se dématérialiser et produire un engouement pour la bourse » : justifier l’irruption de la finance islamique, pour ne pas « obéir à Mammon » qui ne doit pas être un maître, c’est-à-dire un dieu mais rester un serviteur.

Le mot finance islamique n’a pas été prononcé ce matin, mais les allusions aux religions et à leurs interdits y mène. Gageons que cette émission en prépare une autre.

Alain RUBIN

Publié dans Politique et société

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