Le coran, la violence et l’Autre

Publié le par Comité 1905 Draguignan

lundi 2 mars 2009, par Pascal Hilout


La semaine dernière, j’ai dit merci à M. Wilders d’avoir lancé le bon débat autour du coran et de la violence.

Ce débat public est incontournable pour tout musulman de bonne foi. Une foi ancrée dans notre espace-temps et non pas attachée à des temps révolus. Les remerciements et les débats ne suffisent pas : il faut qu’ils débouchent sur des actes et des propositions concrètes. C’est dans ce but que je me propose de traiter ici du statut moderne que doit et que peut revêtir le coran afin que les musulmans d’Europe puissent, enfin !, entrer dans une relation saine avec l’Autre, tous les Autres. Je prétends que cela n’a jamais été le cas jusqu’à maintenant.

Disons d’emblée que nous autres musulmans nous devons d’abord renoncer officiellement, comme je l’ai fait à plusieurs reprises, par écrit, à la prétention d’être « la meilleure communauté donnée au monde ». Cette insupportable prétention est inscrite noir sur blanc dans le coran : verset 110, chapitre III. Elle est source de vice et d’une grande fragilité. Cette prétention nous gonfle d’orgueil et fait aussi qu’ à la moindre pique ou critique sérieuse, le musulman explose, paf ! et puis se dégonfle comme un ballon de baudruche.

Ce verset est totalement caduc en plus d’être inutile et malsain : non seulement nous savons que la communauté musulmane n’est pas la seule à « commander le Bien et décommander le Répréhensible », mais nous connaissons toutes les dérives auxquelles peut mener cette prétention de personnifier le Bien qui combat le Mal. L’administration Bush vient de s’administrer une leçon historique dans ce domaine.

Le refoulement de Geert Wilders à l’aéroport de Londres a eu au moins quelques retombées bénéfiques. En voici un exemple. La prestigieuse chaîne de télévision BBC, a organisé un débat intitulé « The big question : Is islam an intolerant religion ? » (La grande question : l’islam est-il une religion intolérante ?)

Comme vous pouvez vous en convaincre en regardant la vidéo et si vous comprenez l’anglais, personne n’a directement répondu à cette question qui fâche. Celle que nous pose en définitive Geert Wilders.

Je me propose donc d’y répondre le plus clairement et le plus catégoriquement possible : oui, l’islam est une religion intolérante et ce depuis sa fondation et à cause de ses fondements.

Explication

Allah, dieu unique de l’islam, faisait partie du panthéon de la Mecque. Mes ancêtres arabes étaient tolérants, mais avant l’avènement de l’islam. Ils le sont en partie restés, malgré l’avènement de l’islam. Ils n’avaient aucun mal à accepter des déesses et d’autres dieux, y compris des monothéistes juifs et chrétiens, à côté d’Allah.

Mahomet est entré en conflit avec les autres croyants de la Mecque lorsqu’il a commencé à dénigrer les autres divinités et croyances ; à les vouer aux enfers. L’hégémonie d’Allah, exprimée au travers du coran, sur tout ce qui lui fait de l’ombre, le remet en question, est à l’origine du conflit qui ne pouvait qu’éclater au sein d’un sanctuaire ancien où les tribus arabes faisaient la paix tous les ans et alliaient affaires commerciales et pèlerinage où chacun rendait grâce à la divinité tutélaire de son choix ou celui fait par sa tribu.

A plusieurs reprises, les Mecquois se sont plaint au chef de clan qui protégeait Mahomet, c’est à dire à son oncle. Ils lui reprochaient d’avoir rompu le pacte social qui régissait les relations du vivre-ensemble, en harmonie. Sans effet. Un boycott des musulmans et des persécutions de ceux qui ne bénéficiaient pas de solidarités claniques s’en étaient suivis.

Et c’est là qu’intervient l’événement majeur, le tournant fondateur qui fait basculer l’islam dans le conflit armé avec les Autres après avoir été un simple appel pour l’adhésion à une nouvelle conviction. Nous devons l’expliciter, le rappeler pour pouvoir dénoncer l’institution du djihad, des razzias et du partage du butin en islam. Rappeler et assumer cette vérité historique est à même de nous faire comprendre que les islamistes lisent très bien le coran et connaissent très bien l’histoire du prophète. Ils sont plus fidèles à cette vérité que les soi-disant musulmans modérés et que les intellectuels soi-disant progressistes et anti-islamistes qui sont tous d’accord pour nous donner une très mauvaise explication.

Le problème réside au cœur-même de l’islam=coran+Mahomet. Il est donc trop facile de faire tout endosser aux djihadistes, aux intégristes, aux islamistes et autres « istes » que d’aucuns inventent à volonté pour ne pas parler tout simplement de terroristes, bel et bien musulmans.

L’an 1 de l’islam commence par le dénommé « pacte de la guerre » conclu la nuit, en catimini, entre Mahomet, qui devait être conscient que cet acte est répréhensible, et soixante quinze représentants de deux tribus belliqueuses venus de Yathrib, l’actuelle Médine (1).

 

En conclusion

Le coran est un beau poème, fondateur d’une épopée et d’un empire, mais nullement d’une moralité. Toute éthique commence par le respect inconditionnel de l’Autre. C’est un fait historique et religieux que tout musulman doit assumer pleinement. Mais comme pour tous les mythes fondateurs, il faut savoir aussi s’en détacher, s’en libérer. La bonne foi et le vivre-ensemble en paix avec les autres nous y convient.

Le coran et Mahomet ont bien mérité d’être définitivement enterrés à côté des grands gisants de l’Histoire. Je me fais fort de prononcer l’oraison funèbre, pour que mes coreligionnaires naissent enfin à la liberté, à la sincérité, à la paix et à la fraternité avec toute l’humanité.

La bonne foi, c’est aussi simple que cela.

Pascal Hilout

Nouvel islam


(1) Ce sont les plus anciens chroniqueurs de l’islam, des musulmans, qui relatent ces faits historiques : voir à ce propos la chronique d’Ibn Hicham ou celle de Tabari : Ibn Hicham, As-sîrah , éditions An-nour, Beirut, 2004, tome 2, page 62 ; Tabari, Mohammed, sceau des prophètes , chronique traduite par Hermann Zottenberg, préfacée par Jacques Berque, éditions Sindbad, Paris, 1980, à partir de la page 109.

Publié dans Politique et société

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