Quand un salon de coiffure de Suresnes se met à l’heure de Marrakech

Publié le par Comité 1905 Draguignan

lundi 2 mars 2009, par Maurice Vidal


C’est avec stupeur que les habitants de Suresnes ont appris l’existence d’un salon de coiffure dans lequel le propriétaire, on ne peut plus soucieux du respect de sa clientèle, est allé jusqu’à réserver une salle pour les musulmanes qui porteraient le voile. Cette infinie délicatesse est affichée sans aucune ambiguïté : « Salle réservée à la femme voilée », voilà ce qu’on peut lire sur le prospectus publicitaire du « Marrakech », salon pour coupes de cheveux, brushings, défrisements, mèches, soins de barbe et autres, installé au pied d’une résidence de l’office municipal HLM. 

Ledit salon est donc ouvert à la « différence » – ce dont, a priori, on devrait se réjouir, puisqu’il paraît que « différence » égale « chance » ! Il est même plus ouvert d’esprit que ne le sont les célèbres piscines de Lille, Beauvais et La Verpillière – qui refusent, à certaines heures, la mixité. Lui, au moins, a le mérite d’accueillir, en même temps, hommes et femmes, à cette nuance près que pour « la femme voilée qui ne veut pas que les hommes la voient », le patron de la boutique propose « un coin » permettant d’échapper aux regards masculins.

 

Ce salon est situé à Saint-Denis, comme quoi Suresnes n’est qu’un exemple de plus

C’est beau, non ? Après tout, nos magasins de vêtements ne sont-ils pas dotés, par pudeur, de cabines d’essayage ? Il reste que l’essayage d’une robe ou d’un pantalon n’est pas du même ordre que le soin du cheveu ou de la barbe, les parties du corps concernées ne provoquant pas, sur l’œil, des effets comparables ! Il reste surtout que les raisons de fond, qui semblent s’égaliser dans la forme – puisqu’il ne s’agirait, dans les deux cas, que de pudeur – sont fort différentes, la première pouvant se généraliser sans contradiction vu la nature universelle du désir, la seconde ne le pouvant pas, sauf à vouloir l’islamisation universelle !

C’est d’ailleurs cette dernière que porte en lui tout musulman ne pensant le monde qu’à travers la parole coranique, et c’est bien ce à quoi l’on devrait prendre garde, car le fameux « coin » aménagé par le patron du « Marrakech » – nom qui en dit plus que mon article – s’étend quasiment sur la moitié du salon, préfigurant ainsi la cartographie de la France de demain !

Les lucides le savent déjà. Et les autres ? Les autres, qui refusent obstinément de relier les événements de même nature, continuent de s’étonner devant pareils faits divers, qu’il leur arrive même de justifier ! Tel est le cas de Christian Dupuy, maire de Suresnes, tout abasourdi que le directeur du « Marrakech » se livre à ce genre de pratiques, puisque lors de la signature du nouveau bail « il n’a jamais été question d’une salle réservée aux femmes ». Tel est le cas de Daniel Goupillat, président de la branche coiffure esthétique à la chambre consulaire Hauts-de-Seine, pour qui tout est normal en cette affaire, « le coiffeur n’ayant pas l’obligation d’indiquer ce genre de choses quand il s’inscrit à la chambre des métiers » !

Et puis, il y a les dhimmis de toujours, comme Michèle Duval, secrétaire générale du CNEC (Conseil national des entreprises de coiffure – principal syndicat de coiffeurs), dont la lâcheté se double d’une rare sottise : « C’est très surprenant – déclare-t-elle. Alors qu’on parle d’intégration, et après tout ce débat sur la laïcité, je m’étonne. Mais après tout, chacun peut proposer le concept qu’il veut. Ce coiffeur a peut-être trouvé un créneau porteur » !

C’est également ce que feint de croire Abdel Ghani, président de la CIS (Coordination islam et société), qui ne voit « aucune signification particulière » à cette initiative du commerçant de Suresnes : « C’est la loi de l’offre et la demande » – dit-il.

Quant au patron du « Marrakech », le voilà au-dessus de tout soupçon, puisqu’il en appelle à l’universel, du moins tel qu’il le conçoit : "Si d’autres femmes veulent être tranquilles – précise-t-il – on peut les installer là et tirer le rideau. Ce n’est pas une salle spéciale". On croit rêver !

Alors que l’enseigne publicitaire porte clairement la mention « femme voilée », « ce n’est pas une salle spéciale » ! Alors qu’un rideau discrimine l’espace, ledit salon est universel ! Alors que la signification de cette mesure est islamique, il n’y a là « aucune signification particulière » ! Alors que la laïcité est une fois de plus bafouée, « ce coiffeur a peut-être trouvé un créneau porteur » ! Alors qu’il s’agit d’une « pratique » illégale, « chacun peut proposer le « concept » qu’il veut » ! Alors que le propriétaire du salon en question enfreint le droit d’un pays laïque, il n’a pas « obligation d’indiquer ce genre de choses quand il s’inscrit à la chambre des métiers » !

Mais comment est-on parvenu à confondre le pays du Droit avec le pays de tous les droits ? Où existerait donc ce dernier ? Faut-il souligner ici qu’à généraliser ce « genre de choses », on tue la laïcité ? Que répondre une bonne fois pour toutes à ces aberrations, sinon que la fameuse mixité culturelle et sociale n’est possible que dans un seul sens – qui est la laïcité même ?

Hafid Ramouni, président de l’association Zy’va, s’insurge en personne contre cette dérive religieuse : « Nous, les Français d’origine étrangère – martèle-t-il à juste titre – on lutte contre les discriminations et à la fois on se discrimine nous-mêmes. Il y a en ce moment une mode des espaces réservés aux pratiques religieuses, comme les piscines où seules les femmes peuvent aller à certaines heures. Cela me choque et relève de comportements asociaux dans un pays laïc ». Combien de temps faudra-t-il donc à nos responsables de souche pour qu’ils comprennent que l’islamisation de notre pays est une réalité et non un fantasme, et qu’une France islamique ne peut plus être la France, c’est-à-dire le pays de l’égalité des sexe, de la laïcité et de la liberté d’expression ?

Qu’on le veuille ou non, nous nous installons progressivement dans une situation de rupture, dont les signes avant-coureurs ne cessent de se multiplier. Certes, chacun aspire, au fond de lui, à ce que tout cela se termine bien. Mais c’est rêver les yeux ouverts ! C’est ne pas voir que l’islam ne veut que l’islam, et que l’islam nous est contraire. Nous ne sommes point dans une situation de tolérance réciproque, mais de tolérance unilatérale. A force d’« accommodements raisonnables », nous construisons un dangereux rapport de forces entre l’islam et la République. Or, la finalité de la République ne saurait être le rapport de forces entre l’Etat et telle ou telle religion, mais la liberté de tous les citoyens – athées compris – dans le respect de la loi. Aucune société ne peut vivre en dehors des lois qu’elle se donne. Nous devons, de ce fait, avoir le courage d’aborder sans tarder les problèmes qu’engendrent les revendications islamiques, dès lors qu’elles contreviennent à la loi. Notre avenir laïque et républicain n’est pas ailleurs.

Maurice Vidal

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