Lettre ouverte au Président de la République, qui s’adresse à "ses compatriotes musulmans"

Publié le par Comité 1905 Draguignan

lundi 5 janvier 2009, par Maurice Vidal


LETTRE A MONSIEUR NICOLAS SARKOZY

Président de la République

Monsieur le Président,

Le 12 décembre 2008, vous avez eu l’amabilité de vous adresser, en tant que chef de l’Etat, à la communauté musulmane de la Seine-Saint-Denis, à l’occasion de l’Aïd-el-Adha – fête au cours de laquelle les fidèles perpétuent la tradition d’Abraham en accomplissant, selon vos propres dires, « un acte de volonté divine ».

Cette marque de bienveillance serait tout à votre honneur si, outre l’éloge d’un culte qu’il n’est pas en votre pouvoir de reconnaître, elle n’avait débuté par la formule d’appel que voici : « Mes chers Compatriotes musulmans ».

Qu’est-ce, en effet, qu’un compatriote ? C’est une « personne originaire du même pays qu’une autre ». Qu’est-ce, par ailleurs, qu’un musulman ? C’est un « adepte de l’islam ».

 

Or, d’une part, l’islam est une religion ; d’autre part, la République française est laïque. Que vient donc faire un qualificatif on ne peut plus religieux à côté d’un substantif on ne peut plus national dans la bouche même d’un Chef d’Etat s’exprimant ès qualités ?

Vos fonctions présidentielles ne font-elles pas de vous le premier garant de la laïcité, et, par suite, de la République « une et indivisible » ?

Si mes compatriotes sont plus que des compatriotes – puisqu’ils sont religieux – ou moins que des compatriotes – puisqu’ils sont religieux ! – en quoi sont-ils encore mes compatriotes ? Si mes compatriotes ne peuvent être identifiés que par le religieux, c’est bien qu’ils sont religieux d’abord, ce qui signifie qu’ils habitent la cité de Dieu avant d’habiter la cité des hommes. Et s’ils prétendent que la cité de Dieu englobe la cité des hommes, ils se trompent, car les hommes n’ont pas le même Dieu. Il est même des hommes qui n’ont point de Dieu. Peut-être, d’ailleurs, n’y a-t-il aucun Dieu !

Il est donc grave, Monsieur le Président, que vous ayez choisi de vous adresser à des Français en les qualifiant de musulmans !

Alors que vous êtes le Président de tous les Français, vous avez souligné la non-intégration d’une partie d’entre eux, en les rendant définitivement visibles, comme sont visibles leurs centres culturels et cultuels ou encore leurs « commerces spécifiques ». Alors que vous tenez à imposer la discrimination « positive », c’est la discrimination la plus négative qui s’est imposée subrepticement à vous. Alors que vous n’entendez de laïcité que « positive », vous semblez ne pas entendre que la France ne saurait abriter « la plus forte communauté musulmane d’Europe » qu’à la condition de maintenir fermement le cap fixé par la loi du 9 décembre 1905 !

Avez-vous seulement remarqué, Monsieur le Président, que l’expansion quantitative de l’islam en terre de France vous condamne progressivement à vous adresser à l’islam avant de vous adresser à la France – comme si vous vous adressiez à l’islam de peur que l’islam ne s’adressât à vous ?

Que vous le vouliez ou non, Monsieur le Président, la dhimmitude commence ainsi : par la couardise repeinte aux couleurs de la tolérance ! Et si votre rang d’exception m’y autorise, qu’il me soit permis d’ajouter que votre appel en faveur d’une « cohabitation » nationale – qui se ferait « dans la paix et la sérénité » – s’en inspire déjà.

Quel camouflet, donc, pour la République, que votre message du 12 décembre 2008 ! Quel camouflet pour la France, devenue, en quelques mots, le symbole de la génuflexion devant le religieux ! Plus encore, quel camouflet pour tous ceux qui écoutent la voix de la raison !

Comment peut-on, en effet, s’enorgueillir que des Français arborent « fièrement leur religion » – jusque dans l’instauration de la finance islamique ! – quand cette même religion fustige la liberté d’expression, nie l’égalité des sexes et la mixité qui lui est consubstantielle, et prône la peine de mort ?

Si le livre sacré des musulmans « prêche la paix et la tolérance », pourquoi « en Asie et en Orient, où l’extermination des chrétiens se poursuit, il faut craindre pour la vie de 10 millions de fidèles isolés au milieu de 150 millions de musulmans » ? (Christine Clerc, Midi Libre, 21-12-2008, p. 8.)

Ignorez-vous, Monsieur le Président, qu’en organisant le recul des valeurs laïques et républicaines sur notre territoire, ce sont vos concitoyens que vous désorganisez, jusqu’à les mettre en danger – à commencer par ces hommes et ces femmes de culture musulmane qui désirent vivre « à la française » ?

Avez-vous connaissance de ces Français d’origine que vous chassez de la mère patrie, parce qu’ils ne la reconnaissent plus ?

Aujourd’hui, quels qu’ils soient, les Français constatent qu’une autre France se met en place. Qu’ils n’en disent mot est une chose. Qu’ils y consentent en est une autre – que vous auriez grand tort de déduire de la première. Car il suffit qu’un peuple se sente violenté dans son âme pour que son âme devienne ipso facto son sursaut salvateur.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de mon profond respect.

Maurice Vidal

LETTRE DE NICOLAS SARKOZY

Le Président de la République

à la communauté musulmane de la Seine- Saint-Denis

12 décembre 2008

Monsieur le Ministre,

Monsieur le Préfet,

Messieurs les Députés,

Mesdames et Messieurs les Elus,

Mesdames et Messieurs les Présidents,

Mesdames et Messieurs les Présidents,

Mes chers Compatriotes musulmans,

C’est avec beaucoup d’émotion que je m’adresse à vous à l’occasion de la célébration de l’Aïd-el-Adha, fête d’entraide et de solidarité au cours de laquelle chacun d’entre vous accomplit un acte de volonté divine et perpétue la tradition du père des religions monothéistes, je veux dire Abraham.

Cette année, la fête dans notre pays a été entachée par un acte de profanation qui a vu des tombes de combattants musulmans souillées par des écritures racistes et abjectes. Comme si l’acte en soi n’était pas suffisant à leurs yeux, ses auteurs ont cru nécessaire de redoubler d’atrocité en l’exécutant au cours d’une journée qui est chère à vos cœurs. Je tiens, encore une fois, à vous dire que je partage votre douleur et vous assure de toute ma sympathie. Aussitôt informé de cette agression contre la communauté musulmane de mon pays, j’ai demandé que les coupables soient immédiatement identifiés, traduits en justice et condamnés avec toute la sévérité qui s’impose.

Pour autant, aussi abject que puisse paraître cet acte, il ne doit pas nous faire oublier les progrès accomplis pour la visibilité et l’acceptation de l’Islam en France. Relégués il y a quelques temps dans l’arrière cité, les musulmans peuvent désormais arborer fièrement leur religion. Aujourd’hui, et de manière définitive, l’Islam fait partie intégrante de notre environnement culturel, économique et urbain. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à voir le nombre de mosquées et de centres culturels islamiques qui se construisent ou le nombre de commerces spécifiques qui s’ouvrent. Par le nombre, la France abrite la plus forte communauté musulmane d’Europe. Le département de la Seine-Saint-Denis, où vous êtes rassemblés en est le plus emblématique puisque l’Islam y est même la première religion.

La France est, bien entendu, disposée à poursuivre cet effort pour permettre à l’Islam de s’épanouir dans les meilleures conditions. Pour vu que cela se fasse dans la cadre du respect des lois de la République. Vous n’ignorez pas que des sirènes extrémistes retentissent toujours dans les oreilles de quelques groupes qui peuvent s’égarer sur le chemin de la violence. A sa place, chacun d’entre vous est appelé à faire en sorte que la cohabitation se fasse dans la paix et la sérénité. Je sais que la France pourra compter sur votre sagesse et surtout sur une meilleure compréhension du message coranique qui prêche la paix et la tolérance.

Nicolas Sarkozy

Publié dans Politique et société

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