La grave erreur d’appréciation de certains amis laïques sur le voile

Publié le par Comité 1905 Draguignan

mardi 26 août 2008, par Pascal Hilout


S’il y a une grave erreur d’appréciation que commettent des progressistes éclairés tels Caroline Fourest, Bernard Teper, Catherine Kintzler, son mari et bien d’autres amis, c’est celle consistant à considérer le voile islamique comme un symbole religieux.

Cette erreur est alimentée par une autre : celle qui considère l’islam comme étant déjà résigné à se retirer dans la sphère privée et fin prêt pour devenir une religion comme les autres. Or non ! Par construction, sous couvert de rites, de prescriptions et d’interdits, l’islam, comme le judaïsme, submerge bien des pans de la vie sociale pour mieux « séparer le bon grain de l’ivraie » ; dans ce bas-monde, bien avant l’avènement du jugement dernier.

 

Et c’est ainsi que la musulmane voilée ne se bécotera pas sur les bancs publics ; surtout pas avec un concitoyen juif portant kippa. Le voile islamique a au moins une signification admise par tout un chacun : celle qui le porte est musulmane. Elle n’épousera qu’un musulman ou un converti bien circoncis. Le voile islamique est intrinsèquement séparatiste, communautariste et ségrégationniste. Non seulement entre hommes et femmes, mais aussi entre concitoyens qui se différencient par leurs convictions ou par leurs confessions.

Nos amis progressistes qui accusent d’extrémisme les sympathisants de Riposte Laïque, se trompent largement :

1 – Lorsque, sans ostentation, le voile islamique est arboré dans la cité, dans la rue, dans les hôtels…et si on le considère comme simple signe religieux, il est certain qu’on arrive à la conclusion logique que cela n’enfreint pas le principe de laïcité stricto sensu. En appeler à ce principe, comme le font constamment nos amis progressistes, c’est faire œuvre de diversion, pour nous égarer ou, tout simplement, pour pouvoir proférer l’accusation gratuite d’ultra-laïcisme.

2 – La lutte pour l’émancipation des femmes et des hommes, y compris musulmanes et musulmans, est un autre combat, complémentaire de celui lié à la laïcité. C’est le combat qu’il nous faut absolument mener au lieu de nous cantonner à la belle œuvre de 1905. On dirait que nos amis n’ont pas encore compris que les judéo-chrétiens, gréco-romains et païens ne sont plus entre eux !

3 – Le voile est une intolérable clôture religieuse que l’islam exhibe et déploie autour du corps de nos filles et de nos femmes. Cette clôture doit être dénoncée avec autant de véhémence que nous mettons à dénoncer les ghettos sociaux, les injustices, les discriminations et les inégalités qu’ils engendrent. Sans crier gare, la multiplication des voiles islamiques dans notre vie quotidienne, toutes tailles et toutes configurations confondues, aura vite fait de nous séparer définitivement en communautés dont les visions esthétique et éthique sont totalement antinomiques. Nous aurons, si nous n’avons déjà, une communauté nationale qui considère le corps humain comme l’expression de la beauté que des couturiers, des sculpteurs, des photographes, des écrivains, des cinéastes…, en un mot des esthètes, mettent en valeur et nous le font aimer et, de l’autre côté, une communauté musulmane qui, au quotidien, œuvre dans le sens contraire en mettant sous voile, des fois intégral, ce qui représente justement la beauté divine du corps humain. En défendant le port du voile contre ceux qui veulent émanciper les musulmanes de ce notoire symbole de la discrimination, le MRAP et la LDH ont failli à une bonne part de la tâche que la République leur confie dans notre société.

4 – N’étant nullement un symbole ni de la grâce, ni de l’émancipation de nos concitoyennes musulmanes et encore moins de leur ouverture sur la communauté nationale et humaine, le voile islamique est en définitive un moyen de se compter dans la communauté musulmane pour mieux occuper et transformer l’espace visuel, éthique et esthétique dont le corps de notre douce moitié est devenu l’enjeu majeur. Il s’agit donc d’un symbole archaïque, d’un étendard issu de la nuit des temps servant à baliser le corps de la musulmane, territoire le mieux gardé et le plus défendu par la communauté musulmane. Cette communauté qui n’agit pas de façon inconsidérée puisqu’elle sait pertinemment que l’émancipation de ce corps la privera de la possibilité de s’auto-reproduire en rond et de rester à tout jamais renfermée sur elle-même. Le voile est indubitablement symbole d’une guerre d’usure que mène une religion toujours accrochée à un autre espace-temps contre l’émancipation des femmes, contre l’égalité des citoyennes et des citoyens, contre la liberté de fusion matrimoniale pour accélérer l’intégration des musulmans dans une société humaine ouverte, débarrassée de toutes les formes de ségrégation, franches et voilées. C’est de cette façon que « la question islamique » se pose en France et en Europe et il nous faut faire un diagnostic lucide pour pouvoir enfin l’affronter et la résoudre.

Je crois qu’à Riposte Laïque nous avons de bonnes raisons de considérer que nos amis progressistes sont devenus communautaristes par léthargie et défaut d’action. C’est comme si, de guerre las, ils avaient fini par baisser les bras, ne voyant pas grand intérêt à favoriser un réel melting-pot, à construire un réel vivre-ensemble fusionnel, à lutter pour l’émancipation de nos concitoyennes musulmanes et de leur progéniture.

Je les vois donc se dérober à ce combat en se réfugiant derrière la mince bannière d’une laïcité à minima qui les amène à nous servir une tolérance de l’intolérable, comme s’ils ne voulaient pas bousculer les pauvres petits Indigènes de la République. C’est ce type de tolérance dans l’indifférence qui, en 1905 déjà, leur a amplement été réservée en Algérie. Mais aujourd’hui, je leur dis tout de go : ça suffit les amis !

La liberté, l’égalité, la fraternité et la laïcité méritent bien un combat renouvelé qui passe par le dévoilement et la mise à nu des mécanismes de ségrégation inhérents à l’islam classique et très archaïque. Celles et ceux de nos concitoyens soi-disant bienveillants qui affichent soi-disant une tolérance pour l’islam n’ont finalement que peu de respect pour nous autres musulmanes et musulmans : nous devons nous dépouiller encore plus de l’islam classique pour pouvoir enfin entrer en humanisme et fusionner en paix avec le reste de l’humanité que nous avons toujours considérée avec un certain dédain, très hautain.

Pascal Hilout

Commenter cet article