Le Parti Socialiste désespère le peuple de gauche et la droite jubile

Publié le par Comité 1905 Draguignan


La France souffre et le PS nous a offert depuis son congrès de Reims, une lutte fratricide lamentable. Les éléphants du PS ont tout fait pour empêcher Ségolène Royal de prendre la direction du Parti, au lieu de préparer une politique alternative à celle que le clan Sarkozy inflige à nos compatriotes depuis maintenant 19 mois.

Nous vivons une crise financière, économique et sociale qui touche de plein fouet les couches les plus défavorisées et la classe moyenne. Pendant ce temps là, le PS se déchire au lieu de se rassembler pour contrer la Droite décomplexée qui continue à s’en prendre sans vergogne à nos acquis sociaux.

Le PS, face à crise du système capitalisme est resté sans voix, et n’a pas été capable de dénoncer haut et fort les dérives de cette économie de marché devenue incontrôlable. Le PS a été même jusqu’à s’abstenir à l’Assemblée Nationale sur le plan de sauvetage des banques présenté par le Gouvernement sous la houlette de Sarkozy, l’illusionniste, qui s’est pris ces dernières semaines pour le sauveur de l’humanité.

Le PS aurait dû s’opposer à ce plan de sauvetage des banques qui ne profite jusqu’à présent qu’aux banquiers incendiaires et qui va leur permettre de reconstituer leurs marges au lieu de réinjecter les liquidités dont ont besoin nos compatriotes pour faire face à la récession, qui s’annonce aussi violente que celle de 1929. Le PS aurait pu amender ce projet en exigeant la nationalisation qui permet d’avoir un contrôle réel sur les fonds débloqués.

La Gauche a perdu ses repaires et ne sait plus ce qu’il faut faire pour se faire entendre des couches populaires et des laissés pour compte de ce capitalisme financier, qui depuis des décennies les mène inexorablement vers le chômage ou la précarité. Les cadres dirigeants du PS se sont embourgeoisés et ne semblent pas en mesure de protéger les faibles contre l’arrogance des tenants du capital, qui continuent à imposer leur loi quoiqu’il puisse arriver. La Gauche est devenue libérale, elle s’est rendue complice des néolibéraux en s’accommodant de cette économie de marché qu’elle n’a pas voulu réguler et réformer dans le sens de la justice sociale, quand elle était au pouvoir.

Le Parti socialiste préfère les luttes intestines que les luttes sociales qui pourraient redonner espoir aux millions de personnes qui subissent les attaques répétées d’un Pouvoir au service des patrons du CAC 40. Le PS est inaudible, enfermé dans ses querelles de notables et par là même totalement éloigné des préoccupations et des aspirations des gens qu’il est censé représenter. Le PS a fini par désigner un successeur à François Hollande après un psychodrame qui a duré quatre jours.

Ceux qui aspirent à changer un monde de plus en plus inégalitaire et dont les dérives actuelles ne peuvent qu’inquiéter les familles et rendre plus vulnérables les plus fragiles d’entre nous, ont la nette impression que le PS a vraiment perdu toute légitimité pour les défendre. Martine Aubry a été déclarée vainqueur d’un résultat prévu d’avance, après un week-end de haute tension et de règlements de compte entre les deux camps opposés, celui du changement dans la continuité et celui du désir d’avenir sans espoir de modifier réellement la condition humaine.

Le Parti socialiste doit désespérer Jean Jaurès et autre Léon Blum. Ce spectacle désolant permet à la Droite de préparer sans grande difficulté, sauf crise sociale majeure, les prochaines échéances électorales. La léthargie actuelle de la Gauche n’aide nullement les salariés qui vont être confrontés à l’aggravation de la crise économique dont on sait maintenant, qu’elle sera profonde et durable. Il est scandaleux et révoltant que l’on laisse sans voix et sans relais dans la société, des compatriotes livrés à eux-mêmes. La démocratie a besoin d’une opposition pour respirer. Sans opposition, il n’y a plus de démocratie.

Ce parti est à bout de souffle et se cherche une identité. La rénovation est devenue indispensable pour retrouver le soutien populaire, sans lequel, il sera impossible de revenir en 2012 au Pouvoir. On a vraiment l’impression que les socialistes ne veulent pas revenir au Pouvoir, tant leur comportement paraît suicidaire.

Le PS s’est coupé de sa base. Il suffit de se rappeler le camouflet lors du référendum sur le traité européen constitutionnel.

 

Il est grand temps que la Gauche se ressaisisse, car le verdict des urnes sera implacable, si rien ne change au sein du Parti socialiste. Il est grand temps que sur les sujets de société, que sont les droits civiques, les droits sociaux, les droits des femmes, une presse libre et pluraliste, la liberté d’expression, la défense des valeurs de la République laïque, la Gauche se fasse à nouveau entendre.

Il est impensable et insoutenable que l’on laisse la Droite s’en prendre à nos acquis sociaux sans que la Gauche soit capable d’organiser une riposte unitaire de toutes les forces de progrès pour reprendre la lutte sociale pour les reconquérir.

Il est grand temps que la Gauche réaffirme ce pourquoi, elle est différente de la Droite. Bien que le PS contrôle la majorité des régions et des plus grandes villes de France, il n’apparait pas aujourd’hui comme un choix alternatif à la droite réactionnaire de Sarkozy, car ses divisions sont trop profondes. Le peuple de gauche a besoin d’un parti uni et fort dans lequel il puisse se reconnaître. Ce n’est malheureusement pas avec les éléphants que l’espoir renaitra.

Le PS aurait dû après l’élection présidentielle de 2007 se réformer. Il n’a pas su le faire, car il est retombé dans ses querelles internes au lieu de se tourner vers ceux qui pouvaient encore espérer en lui. Ségolène Royal a compris qu’il fallait changer ce parti dans ses pratiques et son fonctionnement, mais hélas le conservatisme l’a emporté sur la rénovation. Les militants doivent être meurtris par ce front anti Royal, qui n’auraient pas dû être le seul et unique sujet du Congrès de Reims.

Reprenons le chemin de la révolte pour faire reculer ce pouvoir insolent et provocateur dont le seul but est d’affaiblir et humilier un peu plus les salariés au nom de la modernité….

Le contexte actuel n’a jamais été aussi propice pour dénoncer le système capitaliste qui va laisser sur le carreau un grand nombre de salariés. La crise se généralise dans tous les pays du monde. Le système financier a conduit nos économies au bord du chaos, le chômage va toucher toutes les couches sociales de nos sociétés. On nous prédit pour 2009 une récession qui va provoquer un ralentissement de l’activité dans tous les secteurs de l’économie, avec la crainte d’un chômage de masse. Nos gouvernants sont aux abois et mettent en place des plans de relance qui changent chaque jour, sans savoir réellement quels remèdes pourraient endiguer la dégradation inexorable des finances publiques.

Et pendant ce temps là la Gauche regarde passer les trains et laisse les néolibéraux nous faire croire qu’ils seraient les seuls à pouvoir réformer un système que personne ne contrôle plus.

Mon cœur a toujours été à gauche et j’observe avec indignation et colère le délitement de notre société et le silence assourdissant de la Gauche socialiste. Nous ne pouvons pas continuellement subir et courber l’échine en attendant que la croissance revienne. La Gauche est au pied du mur. Le parti socialiste qui reste encore l’épine dorsale d’une alternance possible à la politique libérale de Sarkozy est à un tournant de son histoire. Il devra faire sa mue, s’il veut retrouver la confiance du peuple de gauche. A force de désespérer ses électeurs, ceux –ci pourraient se détourner et chercher des voies plus radicales.

N’oublions pas que dans les années 30 le fascisme est arrivé au pouvoir avec la crise économique et sociale. Si l’on ne veut pas que l’histoire se répète, le parti socialiste ne peut plus faire l’impasse sur l’urgente obligation de choisir le modèle de société qu’il veut pour ses compatriotes.

Comme disait François Mitterrand :

«  Il n’y a d’opposition qu’inconditionnelle dès lors qu’il s’agit de substituer un système de gouvernement à un autre. Retoucher, aménager le pouvoir absolu, c’est déjà composer avec lui.  »

Fabrice Letailleur

Publié dans Politique et société

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