L’ONU veut imposer le délit de blasphème…

Publié le par Comité 1905 Draguignan

mardi 2 décembre 2008, par Christine Tasin


Big brother a encore frappé. Nous sommes gouvernés par une élite que nous ne choisissons pas mais qui choisit pour nous. Nous sommes gouvernés par une élite qui prétend instaurer un ordre mondial et nous l’imposer. Nous sommes gouvernés par une élite qui prétend détenir la vérité, bien que la réalité nous prouve sans cesse qu’elle se trompe. Economie, monétarisme, libre concurrence, libre circulation des capitaux, conception des droits de l’homme, de la liberté de la presse ou d’opinion. Tout est réglementé, tout est soumis aux diktats d’organismes supra nationaux dirigés par des gens que nous n’avons pas élus et qui font des dégâts incommensurables : UE, OMC, ONU, FMI… que de sigles qui nous entraînent dans un monde digne d’Orwell ou d’Huxley !

En tout cas, c’est le sentiment qui frappe quand on lit le compte-rendu de la dernière séance de la Commission des droits de l’homme de l’ONU(1). En effet, elle n’y va pas par quatre chemins, puisqu’elle a adopté la semaine dernière une résolution dont les conséquences pourraient être graves si elle devenait opérationnelle puisqu’il y est affirmé, à la fois que les Etats doivent "empêcher, notamment par la loi, le dénigrement des religions ", ce qui revient à demander des lois anti-blasphème, mais aussi que l’islam est "souvent et faussement associé aux violations des droits de l’Homme et au terrorisme".

On avait déjà soulevé ici même(2) notre inquiétude devant une directive du même type du Conseil de L’Europe en mars dernier. Il est clair qu’on assiste à une offensive sans précédent contre la laïcité et les principes républicains, en faveur de l’islam dont on nie les dangers pour en faire la religion des pauvres et des exploités, mais aussi, plus généralement, contre la liberté d’expression. Comme s’il ne suffisait pas de voir directeurs de théâtre, libraires, journaux et même supermarchés s’autocensurer pour éviter violences, procès ou boycott ! On rappellera la violence des émeutes au moment de l’affaire des caricatures de Mahomet, et la force de la dissuasion qui a poussé certains directeurs de supermarché au Moyen Orient ou au Maghreb à annoncer que leurs rayons étaient dépourvus de produits danois ! La force et la terreur seraient du côté des caricaturistes ? La violence et la mort seraient du côté de ceux qui pratiquent la liberté d’expression ?

Il est clair que le souci, récurrent, de faire taire la critique religieuse et notamment la critique de l’islam sous le prétexte que ce serait faire de la discrimination ou du racisme participe de la volonté de créer un monde lissé, dépourvu de toute contestation, de toute possibilité de remise en cause, un monde rempli de moutons qui disent béni-oui-oui à tout et à tous.

Plus grave encore, interdire la critique de l’islam sous prétexte de faire de la discrimination est une atteinte grave ; car il ne s’agit pas ici de protéger des individus, des être humains mais d’interdire la remise en cause d’une doctrine, d’une pensée, d’une vision du monde. Bref, il s’agit, tout simplement, d’interdire l’exercice du libre arbitre, l’exercice de l’esprit critique. Il s’agit, surtout, d’interdire l’évolution, d’interdire aux peuples le droit au changement.

« Une coalition d’États islamiques utilise l’ONU pour faire adopter des normes internationales contre la diffamation des religions. Leur campagne fournit une toile de fond mondiale pour analyser les tribulations de Maclean’s, Mark Steyn, Ezra Levant, et d’autres tentatives récentes de censurer des commentateurs canadiens, des éditeurs et des caricaturistes. La notion de diffamation des religions sape les fondements mêmes de la tradition des droits de l’homme en protégeant les idées plutôt que les personnes qui les soutiennent. On renforce aussi le pouvoir des dirigeants autoritaires contre les minorités faibles et les dissidents ».

Le problème avec l’islam est que pour cette religion, le domaine du sacré semble illimité. Ce qui est susceptible d’« offenser les sentiments religieux des musulmans » est justement tout ce qui fait le succès de la civilisation occidentale, la liberté de penser, la liberté de conscience, la liberté d’expression, la liberté des femmes, et même la démocratie du peuple. Il est donc nécessaire de faire valoir qu’il n’existe pas un chose telle qu’un « droit de ne pas être offensé »(3).

Alors comment comprendre que l’ONU travaille en sous-main à justifier et rendre sacrées les théocraties et les atteintes à la liberté d’expression, un des droits de l’homme les plus fondamentaux ?

On constate en effet que, depuis quelques années, la commission des droits de l’homme de l’ONU, où les pays ocidentaux n’ont pas la majorité, se trouve sous l’emprise des pays islamiques, soutenus par le Vénézuela, la Chine, la Russie etc. et cherche à imposer un ordre mondial favorable aux religions en général et à l’islam en particulier.

Jean-François Chalot, dans le numéro 56 de Riposte Laïque, en rendant compte(4) du livre de Malka Marcovitch, Comment l’ONU enterre les droits de l’Homme, avait bien montré que Doudou Diène, rapporteur spécial de l’ONU sur les formes contemporaines de racisme et de discrimination sociale en arrivait dans la majorité de ses rapports à traquer « l’islamophobie », à promouvoir le « multi-culturalisme » et à considérer que « les déclarations stigmatisant le voile ou la bourqua » « relèvent du racisme et de l’intolérance » ; dans son compte-rendu du même livre, dans ce numéro, Annie Sugier(5) montre elle aussi le travail destructeur pour les femmes de l’ONU. Déjà, Guylain Chevrier, dans notre numéro 31, avait relayé(6) l’appel d’un certain nombre de personnalités qui nous alarmaient "sur les graves dysfonctionnements du tout nouveau Conseil des droits de l’homme (CDH), inauguré en juin dernier, qui était censé remédier à des dérives déjà préoccupantes concernant la Commission des droits de l’homme de l’ONU"

Sans aller jusqu’à évoquer le choc des civilisations cher à Huntington, on peut se demander s’il n’y a pas, à l’échelon mondial, une volonté des pays émergents de remettre en cause pour mieux les piétiner les valeurs des anciennes puissances occidentales, avec la complicité des élites boboïsantes de ces mêmes pays...

Christine Tasin

(1) http://pointdebasculecanada.ca/spip.php ?breve1203

(2) http://www.ripostelaique.com/Introduire-le-delit-de-blaspheme.html

(3) http://pointdebasculecanada.ca/spip.php ?article542

(4) http://www.ripostelaique.com/Les-nations-desunies-comment-l-Onu.html

(5) http://www.ripostelaique.com/Les-Nations-Desunies-Comment-l-ONU,1622.html

(6) http://www.ripostelaique.com/L-Onu-contre-les-droits-de-l-Homme.html

Publié dans Politique et société

Commenter cet article