Ne laissons pas les communautaristes instrumentaliser la victoire d’Obama

Publié le par Comité 1905 Draguignan

jeudi 6 novembre 2008, par Cyrano


Pour tout vous dire, j’ai été sensible aux arguments développés par mon amie Gabrielle Desarbres, dans le dernier Riposte Laïque. (1) Mais depuis la victoire écrasante du candidat démocrate, je n’en peux plus ! En effet, si l’on peut comprendre la joie des Américains de voir le candidat des pauvres l’emporter, si l’on peut comprendre et partager la joie des classes populaires américaines, semblable par de nombreux côtés à la liesse qui nous avait emportés le 10 mai 1981, les réactions françaises sont inquiétantes. Je ne supporte donc plus les plateaux de télévision, où d’ailleurs on n’invite que les thuriféraires du nouveau président des Etats-Unis !

C’est que tout le monde, en France, l’adore, notre Barack, de Sarkozy à Besancenot, en passant par Marie-George Buffet et les candidats socialistes à la succession de François Hollande, sans oublier François Bayrou. Tout le monde dit que son élection est une grande victoire contre le racisme. Si ces andouilles de Républicains, au lieu de choisir McCain et surtout l’horrible Sarah Palin, avaient choisi Condelezza Rice, ils auraient fait d’une pierre deux coups : on aurait présenté « Condy » comme la candidate anti-sexiste et anti-raciste !

Seuls quelques grognons résistent, comme André Gérin, qui a encore engueulé, par courrier, Marie-George Buffet, nouvelle obamaphile, ou l’éditeur du Figaro Ivan Rioufol, qui se fait traiter de raciste par quelques-uns de ses détracteurs, parce qu’il avait le tort de soutenir McCain !

Sur le plateau de l’excellente émission d’Yves Calvi, « C dans l’air », un supporter d’Obama s’indignait que les Français aient autant « racialisé » cette élection.

Effectivement, on a l’impression, à écouter la radio, à regarder la télévision, en France, que le programme d’Obama, que le ras-le-bol de Bush et donc des républicains, que le choix de Sarah Palin ne sont pour rien dans cette élection. Seules l’origine d’Obama et son métissage auraient été plébiscitées par les Américains !!!! Et fête dans les banlieues "multiculturelles", fête dans la communauté Antillaise du Val de Marne, discours revanchard du descendant d’immigré, discours moralisant et triomphateur de la gauche bobo, rien ne nous aura été épargné.

 

Or, Obama a refusé de faire campagne sur le thème de la différence, il a refusé d’utiliser son origine et son métissage. Il a fait une campagne en tant que candidat des démocrates et donc en trancendant les communautés. Pourquoi un certain nombre de Français, relayés par les medias, prennent-ils un malin plaisir à utiliser son élection à des fins peu avouables, à savoir défendre et développer le communautarisme ?

Ne doit-on pas s’attendre à ce que tous ceux qui, jusqu’à maintenant, n’avaient pas de mots assez durs pour critiquer le modèle américain nous demandent, à présent, d’imiter ces mêmes Américains ?

Nous sommes à une époque où le communautarisme est plus agressif que jamais, en France. Des officines comme les « Indigènes de la République », qui appellent les Blancs des souchiens (2), veulent créer un parti des Indigènes ( !). Des religieux réclament des accommodements raisonnables pour l’islam. Les minorités sexuelles, régionalistes, linguistiques, religieuses, ethniques et autres réclament toutes des droits particuliers, comme le montre fort bien Julien Landfried, dans son livre « Contre le communautarisme » (3).

Il faut donc s’attendre à ce que l’élection du candidat démocrate soit utilisée pour réclamer et imposer encore davantage des politiques de quotas, au nom de la discrimination positive, comme le réclamait d’ailleurs Jacques Attali, dans son fameux rapport, article 161. On peut faire confiance à la Halde, au nom de la politique contre les discriminations, pour accompagner cette offensive anti-républicaine.

Mais la France a-t-elle vraiment besoin de cela ? Contrairement aux Etats-Unis, elle n’a aucune tradition raciale dans son histoire. Elle n’a jamais eu besoin d’un Martin Luther King ou d’une Rosa Parks pour que les Noirs aient les mêmes droits que les Blancs, après l’abolition de l’esclavage ! Il ne faut pas, d’autre part, oublier que notre pays a été en mesure d’avoir un président de la République de couleur, bien avant les Américains ! En effet, sous le règne du général de Gaulle, le président du Sénat s’appelait Gaston Monnerville, Guyanais, qui a présidé la Haute assemblée de 1959 à 1968. Cela signifie donc que si les nostalgiques d’extrême droite de l’Algérie française n’avaient pas raté, à plusieurs reprises, l’assassinat programmé de de Gaulle, comme notamment au Petit Clamart, en 1962, nous aurions eu, pendant quelques semaines, un président de la République noir, près de cinquante ans avant les Américains !

Faut-il rappeler que nous n’avons pas envie, en France, que le Président de la République jure sur la Bible, ce qui, au vu du nombre de signes de croix qu’il fait dans l’exercice de sa fonction, ne déplairait certainement pas au président actuel ? Nous n’avons pas davantage envie de voir les minorités religieuses avoir pignon sur rue, et exprimer, comme dans ces rues de New York, leur fanatisme de manière particulièrement agressive (4). Et nous n’avons pas plus envie de voir des candidats représenter une communauté, une ethnie, une pratique sexuelle ou une langue locale.

Nous ne voulons pas voir davantage l’argument du racisme instrumentalisé par les vrais fascistes, et par ceux qui haïssent la France, et utilisent ouvertement un langage haineux à l’encontre de notre pays, et de ses habitants blancs (5).

Et nous en avons assez de voir les « anti-racistes » qui traînent Fanny Truchelut devant un tribunal, ne dénoncer que les premiers, et fermer les yeux devant les seconds.

Nous voulons des candidats, qui, quel que soit leur sexe, leur origine, leur âge, leur milieu social, représentent l’ensemble de la société, dans un projet fédérateur, égalitaire, rassembleur, socialement juste : la République.

Certains commencent à nous parler des candidats de la "diversité", et à attaquer le premier parti de gauche, parce qu’aucun des principaux candidats n’est issu des « minorités visibles ». Mais avons-nous vraiment envie qu’un candidat soit choisi sur ces bases ? L’idéal serait-il, dans cette logique, une femme de couleur homosexuelle ?

Il y aura des politiques "issus de la diversité"... quand ils ne se présenteront plus ainsi, et quand les politiques "de souche" ne les traiteront plus ainsi (6).

Cyrano

(1) http://www.ripostelaique.com/Elections-americaines-l-espoir.html

(2) http://fr.youtube.com/watch ?v=fkXXe6_qw0s

(3) http://luette.free.fr/spip/spip.php ?article128

(4) http://pointdebasculecanada.ca/spip.php ?article648

(5) http://www.abcdrduson.com/news/671-faut-il-avoir-peur-de-ces-encules-de-blancs-.html

http://www.mediaslibres.com/tribune/index.php/2008/08/20/653-gerard-lenorman-troubadour-delaisse

(6) http://www.ripostelaique.com/Elections-ethniques.html

Publié dans Politique et société

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