En tant qu’athée, je suis discriminée par une circulaire communautariste d’Eric Woerth

Publié le par Comité 1905 Draguignan

mardi 21 octobre 2008, par Brigitte Bré Bayle


Je viens de prendre connaissance de la circulaire n° 2156 du 19 mars 2008 relative aux autorisations d’absences pouvant être accordées au personnel de la fonction publique à l’occasion des fêtes religieuses de différentes confessions.

Cette circulaire, qui rappelle les modalités d’application de celle du 23 septembre 1967, s’accompagne d’une liste indiquant les dates des fêtes religieuses orthodoxes, arméniennes, musulmanes, juives et bouddhistes pour l’année 2008. Sur cette annexe, ces religions n’ont pas toutes le même nombre de jours pouvant donner lieu à une autorisation d’absence.

 

Ainsi les Bouddhistes n’ont qu’une seule date possible, celle du jour de Bouddha.

Les Orthodoxes ont Théophanie le 7 janvier, Vendredi Saint le 25 avril et l’Ascension le 5 juin.

Les Arméniens fêtent Noël le 6 janvier, la Saint Vartan le 31 Janvier et commémorent le 24 avril.

Les Juifs ont Chavouot les 9 et 10 juin, Roch Hachana les 30 septembre et 1er octobre, Yom Kippour le 9 octobre.

Les fêtes musulmanes varient à un jour près : Al Mawlid nnabawi le 20 mars, l’Aïd El Fitr le 1er octobre et l’Aïd El Adha le 8 décembre.

Athée, je n’appartiens donc à aucune des religions citées. Je connais d’autres collègues croyants qui ont une religion qui n’est pas mentionnée dans cette circulaire.

J’accuse cette circulaire de pratiquer une forme de discrimination communautariste envers certains salariés de la fonction publique, qui n’ont pas le droit d’avoir le même nombre de jours de congé que les autres.

Dans un pays laïque, je ne comprends pas, encore moins dans la fonction publique, qu’on accorde des droits d’autorisation d’absence seulement à des croyants. Je pensais que la foi devait s’adapter à la République, et pas l’inverse.

Par ailleurs, je suis stupéfaite qu’une telle circulaire, qui permet de ficher les individus selon leur appartenance religieuse, puisse encore être appliquée à l’heure où la polémique autour du projet Edvige a pris une ampleur médiatique sans précédent, et que Madame Alliot-Marie a sanctionné un policier des Renseignements généraux, accusé d’avoir voulu ficher des représentants selon leur communauté religieuse.

Je m’étonne du silence de tous ceux qui ont protesté, lors de cette affaire. La circulaire du ministre ne va-t-elle pas désigner à l’administration les appartenances religieuses des membres du personnel administratif qui demanderont à en bénéficier ?

Brigitte Bré Bayle

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