Visite du pape: la gauche et Bayrou critiquent la "laïcité positive" prônée par Sarkozy

Publié le par Comité 1905 Draguignan

Les responsables de la gauche et François Bayrou ont critiqué ce week-end le concept de "laïcité positive" développé par Nicolas Sarkozy à l'occasion de la visite en France du pape Benoît XVI.
Vendredi, en recevant le Souverain pontife à l'Elysée, appelé à plusieurs reprises "très Saint Père", le chef de l'Etat a de nouveau défendu une "laïcité positive" et "ouverte" et mentionné "les racines chrétiennes de la France", neuf mois après avoir provoqué la polémique avec son discours prononcé en la basilique romaine de Saint-Jean-de-Latran.
Des propos que le patron du PS, François Hollande, a déplorés: "Il n'y a pas de laïcité positive ou négative, ouverte ou fermée, tolérante ou intolérante. Il y a la laïcité. C'est un principe républicain", a-t-il déclaré samedi en marge de la Fête de l'Humanité.
"Que le pape soit reçu -il l'a été par d'autres présidents de la République- c'est tout à fait légitime et logique, mais attention de ne pas donner le sentiment qu'il y aurait un culte qui serait privilégié par rapport à d'autres ou que les cultes auraient une place que la République ne leur accorde pas", a-t-il affirmé.
M. Hollande a également demandé au président de ne pas "s'écarter de son rôle" et de "ne pas confondre ses croyances personnelles, respectables, avec sa responsabilité qui est de permettre l'égalité de tous, la liberté de chacun".
"En tant que personne, il a le droit d'avoir ses convictions, mais en tant que président de la République, il doit être le garant de quelque chose qui est fondamental aussi pour la cohésion de ce pays et la capacité de vivre tous ensemble dans de bonnes conditions", a renchéri, à ses côtés, Cécile Duflot (Verts).
"Je suis contre le mélange des genres entre l'Etat et la religion", a déclaré à l'AFP François Bayrou (MoDem).
"Nicolas Sarkozy met toujours un adjectif à côté de la laïcité et ça m'inquiète. Je préférerais qu'on en reste au concept lui-même", a également réclamé Marie-George Buffet (PCF).
A l'unisson, l'ancien ministre chiraquien de l'Intérieur, François Baroin, estime dans Le Journal du Dimanche que la laïcité est "une valeur absolue" et n'est donc "ni positive ni négative".
"Ce n'est pas au président de la République d'expliquer aux citoyens que, sans religion, rien n'est possible (...) Il dénature sa fonction", a accusé pour sa part Manuel Valls (PS) dans le JDD.
Le député Frédéric Lefebvre, un des trois porte-parole de l'UMP, a répliqué en accusant le PS de faire preuve "d'intolérance", de "dénigrement" et "d'insulter tous les chrétiens de France".
"Les vieux +laïcards+ de la IIIe République doivent laisser place à une laïcité de notre temps", a ajouté M. Lefebvre en dénonçant aussi "l'incohérence" de M. Bayrou qui, "lorsqu'il était député européen, défendait les racines chrétiennes de l'Europe, y faisant référence dans chacun de ses discours".
"C'est totalement faux. J'ai toujours été opposé à ce qu'on inscrive les racines chrétiennes de l'Europe" dans le projet de Constitution européenne, lui a rétorqué l'ex-candidat à la présidentielle qui a prévu d'assister dimanche à la messe papale à Lourdes.
François Fillon, qui participait samedi à la messe papale à Paris avec plusieurs ministres et assistera lundi à Tarbes à la cérémonie de départ de Benoît XVI, a lui aussi pris la défense de M. Sarkozy.
Le président est "dans son rôle en souhaitant que l'ensemble des courants de pensée, religieux, philosophiques, cohabitent dans notre pays", a déclaré le Premier ministre, pour qui cela est "parfaitement compatible" avec le respect de la laïcité.
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