Pourquoi les Ossètes et les Abkhases n’ont-ils le soutien de RSF ?

Publié le par Comité 1905 Draguignan

mardi 2 septembre 2008, par Victor Charles


Mais où est donc passé Reporters sans frontière et son infatigable leader Robert Ménard ? Voilà deux petits États qui réclament leur indépendance de la Géorgie, État auquel ils furent contre leur gré rattachés par Staline et par Béria, tous deux Géorgiens, ce qui a laissé aux Ossètes un mauvais souvenir. Or, nos farouches défenseurs des peuples opprimés qu’il s’agisse de la Tchétchénie qui ne fut jamais indépendante, de la Bosnie, du Kosovo sans parler du Tibet sont totalement silencieux. Pas une protestation pour dénoncer l’agression et l’oppression géorgienne, pas un mot ni une image (enfin il faut bien les chercher) pour parler des manifestations populaires en Ossétie..Pour quelles raisons les Ossètes ne sont pas dignes d’intérêt ni de solidarité ?Etrange, n’est ce pas ?.

Autre étrangeté, l’unanimité des commentateurs et des hommes politiques pour s’aligner sur Washington. Sur RFI, radio publique c’est radio Washington. Chaque événement, chaque déclaration, s’accompagne immédiatement de la déclaration de Bush ou de Rice sans aucune distanciation. Quant à l’ineffable BHL quand il se rend en Géorgie, il bidonne un reportage comme on peut le lire sur le site de site de rue 89. Pourtant aucune réaction, quand on se souvient du tollé qui suivit le reportage de Régis Debray à Pristina, au Kosovo, qui avait le malheur de ne pas coller avec le discours convenu !

Le PS comme d’habitude est aux abonnés absents. S’il s’exprime sur l’Afghanistan parce qu’il peut critiquer Sarkozy, en revanche il ne semble pas se démarquer de la position des occidentaux alignés sur celle des Américains. Pourtant, Hubert Védrine lui-même étonnement silencieux, a écrit sur ce sujet des réflexions tout à fait intéressantes notamment en ce qui concerne la position à avoir à l’égard de la Russie dans le cadre d’un monde multipolaire qu’il appelle de ses vœux. Est-ce que le Parti socialiste est à nouveau infiltré par les Atlantistes comme sous la 4ème république ?

Pourtant, il y aurait beaucoup à dire. D’ailleurs, de nombreux spécialistes des questions internationales expliquent très bien les choses (mais on a l’impression que leurs confrères ne les entendent pas ?) d’une part sur l’histoire des peuples du Caucase mais aussi sur la question capitale que tous les journalistes où ceux qui se prétendent tels devraient poser : mais que font donc les Américains en Géorgie ? Grâce à ce conflit, de nombreux journaux ont montré des cartes de cette région, beaucoup auront découvert à cette occasion que la Géorgie au fond de la mer Noire est frontalière de la Russie et très proche de la Tchétchénie, du Daghestan.

Image t-on ce qui se passerait si la Russie installait des troupes au Mexique ? On se souvient de la grave crise qui faillit déboucher sur un conflit mondial quand les Russes installèrent des missiles à Cuba en 1962. Or, depuis l’effondrement de l’URSS et l’indépendance de la Géorgie au début des années 90, les Américains se sont installés en Géorgie. La Géorgie est devenue le troisième pays aidé financièrement par les Américains après Israël et l’Égypte. Tous ceux qui s’intéressent à cette partie du monde savent également que la révolution des roses qui a porté Saakachvili au pouvoir est le résultat d’une opération américaine. On sait aussi qu’un des enjeux comme en Afghanistan est le pétrole puisqu’ils construisent un oléoduc qui passe en dehors du territoire russe. Est-ce que l’on va continuer à mettre la planète à feu et à sang parce que Monsieur Bush a décidé que les Américains ne renonceraient jamais leur mode de vie et leurs besoins en pétrole !

Voilà tout de même un point qui mériterait d’être mis sur le devant de la scène. Au lieu d e jouer les alarmistes et de faire le jeu de Bush puisque la stratégie de la tension est la seule carte qui reste aux Républicains pour gagner les élections (carte qu’ils ont joué à plusieurs reprises) toute la classe médiatique ou presque s’aligne sur une russophobie primaire. Rappelons combien n’ont eu de cesse d’affirmer que Poutine allait se présenter une troisième fois à la Présidentielle, voir faire un coup d’État pour conserver le pouvoir puis truquer les élections. Alors que les Russes ne soient pas tout blancs et aient des intérêts stratégiques certainement. Mais qui peut leur reprocher ? La Russie comme la Chine comme l’Inde et le Brésil sont de grands États, et il n’y a aucune raison de ne pas le reconnaître. Et il va falloir que les Européens et surtout les Américains acceptent cette nouvelle situation.

Car pour l’instant celui qui a été élu de façon contestable, c’est Bush. Ceux qui ont commis les crimes les plus nombreux ce sont bien les Américains. Le TPI juge les Serbes mais les Américains ont déclaré la guerre en Irak sans l’accord de l’ONU, on voit le résultat. Ils ont armé et formé les Talibans contre l’URSS allant jusqu’à leur apprendre les méthodes terroristes (et même les égorgements) .

Alors au lieu de s’aligner benoîtement sur l’OTAN et défendre les intérêts américains, la question devrait plutôt de réfléchir à établir de saines relations avec la Russie, de demander le retrait des forces américaines en Géorgie, en Ukraine et au Kosovo ; de renoncer à cette provocation énorme qui ferait rire si ce n’était aussi tragique d’installer des anti-missiles en Pologne ou en République Tchèques soit disant pour intercepter des missiles iraniens !

Si le monde n’était pas dominé par l’impérialisme américain il y aurait tout lieu de faire passer Bush devant un tribunal pénal international pour crime contre l’humanité.

Victor Charles

http://www.rue89.com/2008/08/22/bhl-na-pas-vu-toutes-ses-choses-vues-en-georgie

Géorgie, le bon, la brute et le truand sur

www.bakchich.info/article4747.html

Entendue sur RFI Silvia Serrano, maître de conférence en sciences politiques à l’université d’Auvergne, auteur de Géorgie édition du CNRS Julien Zarifian chercheur à l’institut français de géopolitique (le Figaro 29 août 2008-08-29Dans Marianne, article de Bernard Guetta.

La CIA et la fabrique du terrorisme islamiste Mahmood Mamdani, édition Demopolis

Publié dans Politique et société

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