La foi c’est dans les coeurs, pas dans l’estomac

Publié le par Comité 1905 Draguignan

mardi 8 juillet 2008, par Pascal Hilout


Les Dernières Nouvelles d’Alsace du 28 juin dernier ont publié un article de Roger Wiltz intitulé : "Un repas halal est-il anti-laïc ?"

Il traitait de l’introduction, envisagée l’année prochaine, de repas islamiquement licites (halal) dans les cantines scolaires de la Communauté Urbaine de Strasbourg.

Pour contribuer à ce débat, ô combien déterminant pour le vivre-ensemble, j’ai proposé une tribune à ce journal qui l’a publiée dans son édition d’aujourd’hui.

Etant limitée à 2500 signes (espaces compris), je ne pouvais développer plus avant.

Faut-il s’en réjouir ou en pleurer ?

A vous de juger et d’en débattre si vous le coeur vous en dit.

http://www.dna.fr/courrier/20080705_DNA002368.html

Soyons de bonne foi ! Les religions ont l’ambition de séparer le bon grain de l’ivraie. L’islam classique, dans lequel j’ai été élevé, a aussi la volonté affichée de nous distinguer des autres pour nous « sauver ». De par ses prescriptions les plus élémentaires, en partie héritées du judaïsme, l’islam classique est tout à fait en mesure de me maintenir, pour des millénaires, dans mes ghettos culinaires, matrimoniaux, sépulcraux, linguistiques et esthétiques.

Si, de bonne foi, nous voulons réellement nous éviter les ghettos dans lesquels nos cousins juifs d’Europe et d’Afrique du Nord ont si longtemps vivoté, il me semble qu’il est grand temps de réformer l’islam, en tant que religion, après bien des tentatives voulant réformer plutôt les musulmans. Dans leur grande majorité, les musulmans sont modérés et ouverts, alors que l’islam classique ne l’est pas.

Interdits culinaires

Je ne crois pas que les musulmans, y compris intégristes, soient un réel danger pour la République : elle a su faire entrer dans les rang plus coriaces et mieux organisés qu’eux. Mais je reste persuadé que l’islam est foncièrement habité par des velléités séparatistes et ségrégationnistes. Nous musulmans de France et d’Europe, nous devons et nous pouvons assumer ce fait religieux. Nous devons nous dépasser pour transformer, enfin !, notre islam en simple foi, capable de se retirer dans son lit naturel : les cœurs. Or, nous savons tous que, par construction, l’islam classique submerge bien des pans de la vie sociale et qu’il a toujours constitué un réel handicap à l’émancipation, surtout des filles, aux libertés individuelles et collectives : mariage avec des non musulmans, liberté de conscience avec passage affiché à une autre foi, critique du Coran, de Mahomet, etc.

Les interdits culinaires propres au judaïsme et à l’islam sont, à n’en pas douter, un réel frein au vivre-ensemble. Ils favorisent plutôt le vivre à part ou à l’écart. Les boucheries halal et casher balisent et consolident nos ghettos, même s’ils peuvent être chics et dorés. La généreuse observance, de plus en plus fréquente, de ces interdits culinaires dans les cantines scolaires maintiendra nos enfants dans une étrangeté qui nous marquera, à tout jamais, comme une diaspora toujours attachée à un autre espace-temps.

C’est pour cela que je dis à mes coreligionnaires et à mes amis juifs : goûtons à tous les produits du terroir pour nous y enraciner par les papilles ! La foi, c’est dans le cœur, pas dans l’estomac.

Pascal Hilout

Publié dans Politique et société

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