L’égalité hommes-femmes, principe rationnel et moral

Publié le par Comité 1905 Draguignan

mardi 3 juin 2008, par Maurice Vidal


Suite à l’annulation, sur notre propre sol, et au mépris des lois de la République, d’un mariage, pour vice de virginité, – ce vice ne concernant évidemment que les femmes ! –l’intelligence oblige à rappeler en quoi l’égalité homme/femme est fondamentale.

Certes, toutes les égalités sont fondamentales : sans elles, point de justice ! Mais l’égalité homme/femme n’est ni une « simple » égalité, ni une égalité « simple » : c’est une égalité « double », qui fonde l’homme par la femme et la femme par l’homme, c’est-à-dire l’humanité !

En effet, hormis ce qu’il peut dire de ce qui est, c’est-à-dire hormis tout jugement de valeur, l’être humain n’est rien qu’un animal. En revanche, dès qu’il juge, il est homme. Mais peut-il se dire encore homme si, jugeant de l’homme, il ne voit pas l’homme dans chaque être humain ? Que faut-il donc penser de ceux qui, revendiquant leur pleine humanité dans leur statut d’hommes, refusent cette pleine humanité à la femme ? Si la femme n’est pas l’autre de l’homme comme l’homme est l’autre de la femme en tant que les deux sont le même, c’est-à-dire l’humain, qu’en est-il de l’humain ?

L’humain est cet être qui fait l’humain. Pour faire cet être, il faut être deux. Voilà pourquoi il y a deux sexes. Or, deux, c’est un plus un. Jusqu’à preuve du contraire, ces deux uns sont interchangeables parce qu’ils ont même valeur : un égale un ! Lorsqu’on multiplie ces deux uns par eux-mêmes, cela fait encore un. Autrement dit, lorsque l’homme et la femme se reproduisent, ils engendrent toujours « un » être humain, et jamais « un plus » qu’humain ou « un moins » qu’humain. Si ce dernier cas de figure se produisait, nous serions en présence d’une monstruosité absolue, c’est-à-dire d’une monstruosité au-delà de l’« anomalie congénitale très grave et apparente, compromettant plusieurs fonctions importantes de l’organisme, et le plus souvent incompatible avec la vie » (Petit Robert). Est-ce à ce type de monstruosité que nous assistons quand un garçon ou une fille vient au monde ? Qu’il s’agisse d’un garçon ou d’une fille, le nouveau-né n’appartient-il pas, en tant qu’être humain, à l’espèce ? Ne dit-on pas de lui qu’il est « un » bébé, c’est-à-dire un tout petit être humain ?

Certes, d’aucuns feront remarquer que ce tout-petit est sexué, et que, jusqu’à preuve du contraire, le sexe fait la différence. Mais heureusement que le sexe fait la différence, puisque cette différence est la condition de la seule unité susceptible de donner la vie ! L’homme et la femme s’unissent donc en toute égalité naturelle, et c’est cette même égalité de nature qui permet le « natus », c’est-à-dire la reproduction de l’espèce : la zoophilie est stérile !

Ainsi se trompent tous ceux qui nient l’égalité homme/femme. Ils se trompent même doublement : d’abord parce qu’ils pèchent contre la raison – comme on vient de le montrer ; ensuite parce qu’ils pèchent contre la morale.

Qu’est-ce, en effet, que la morale ? C’est « l’action humaine en tant qu’elle est soumise au devoir et a pour but le bien » (Petit Robert). Or, quel peut être ce devoir sinon la défense de l’humain ? Et qu’est-ce que défendre l’humain sinon lutter, entre autres, contre ces humains qui rabaissent l’humain au nom de l’idée qu’ils ont de leur sexe ? Comment, en tant qu’être de sexe masculin, serais-je encore humain en ayant commerce avec un être d’essence inférieure à la mienne ? Ne me dégraderais-je pas fondamentalement en fusionnant avec un être fondamentalement dégradé ? Que deviendrait alors ma dignité ?

Plus encore, que deviendrait « la » dignité humaine ? Faudrait-il la concevoir différemment selon que je suis homme ou femme ? La dignité de l’homme consisterait-elle à dire : « Je veux », et la dignité de la femme : « Il veut » ?

En posant l’inégalité homme/femme, je crée les conditions de la non-réciprocité, car il ne me serait pas possible, si j’étais femme, d’accepter que mon semblable m’enfermât dans l’« in-égalité », c’est-à-dire dans l’« in-humanité » !

Partant, toutes les cultures qui refusent l’égalité homme/femme s’inscrivent dans l’immoralité en inscrivant le mal dans la condition humaine. Autant dire que ces cultures oublient que le but de la morale est le bien. Or, le bien, c’est le juste, et le juste, c’est ce qui ne lèse personne. Il faut donc combattre toutes les théories qui proclament l’inégalité homme/femme. Et peu importe leur obédience, car il y va du bien commun, et par suite du bien-vivre. Qui pourrait vivre bien en étant déprécié dès sa naissance ? Qui pourrait accepter que son horizon fût fermé, son salaire minimisé, ses études interrompues, sa part d’héritage ramenée à 50%, sa parole confisquée ou méprisée, son corps voilé, sa sexualité commandée, salie, bridée, voire amputée organiquement ( !), au seul motif qu’il est né femme ? Qui pourrait revendiquer ce cortège d’horreurs sans se contredire lui-même en tant qu’homme ?

Comment ne pas voir qu’à défaut de cette indispensable égalité des sexes, aucune morale n’est possible, puisqu’il ne peut être moral d’affirmer que les humains sont inégaux en tant que sujets de devoirs et de droits ? Essayez donc de penser une morale de l’inégalité ! Essayez de bâtir d’authentiques relations humaines en les fondant sur l’unilatéral, l’exception ou le privilège ! Essayez de dire « Je t’aime » à quelqu’un en qui vous ne voyez pas tout à fait un être humain !

Pour penser l’humain, pour bâtir l’humain, pour aimer l’humain, il faut l’égalité ! Les personnes ou les doctrines qui combattent ce principe sont les fossoyeurs de l’humanité !

Maurice Vidal

Publié dans Politique et société

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