La sécurité, une valeur de gauche !

Publié le par Comité 1905 Draguignan

La délinquance ordinaire : les voitures brûlent toutes les nuits, les vols avec violences, les agressions contre les symboles de État, contre les biens publics, agressions contre les enseignants, les représentants de État, de la Fonction publique, les chauffeurs de bus, les contrôleurs, etc.

Avec une recrudescence inquiétante des incendies : les jeunes délinquants brûlent les voitures, les bâtiments publics, les bibliothèques, les écoles et parfois, les personnes ! Mamma Galladou est maintenant infirme à vie . A Lyon, des jeunes ont mis le feu à un homme endormi dans le métro et ils ont poussé le cynisme jusqu’ à alerter le personnel : " Y a quelqu’un qui a mis le feu à un type ! "

"Ils brûlent les pauvres gens comme eux ! " disent les victimes de ces incendiaires.

- De plus en plus d’incendies criminels, on met le feu dans l’entrée des immeubles, provoquant la mort horrible des habitants parfois et si l’origine criminelle est indéniable, on ne trouve pas toujours les auteurs qui ont provoqué l’incendie. J’ai vu un jour un jeune faire mine de brûler la chevelure d’une jeune fille avec son briquet dans le tram ! et les usagers furent pas très courageux pour protester, la peur et le silence dominent hélas souvent (mais pas toujours heureusement) .

Après les émeutes de novembre 2005, celles de Villiers-le-Bel.

Là, les émeutiers armés ont tiré sur les policiers . "On n’a jamais connu une telle violence, ont dit les policiers qui, eux, n’ont pas tiré. Mais les policiers ont peur" m’a dit un haut responsable du syndicat UNSA) et ils savent tous , que ces émeutes reprendront, plus violentes encore !

Des mini-Villiers-le-Bel , il y en eut un peu partout en France, mais pas tous médiatisés. Degré supplémentaire et inquiétant, on s’en prend aux policiers et aux gendarmes même dans leur vie privée.

Exemple : des jeunes ont attaqué un groupe de policiers municipaux à la sortie d’un pub, en plein centre de Lyon, policiers qu’ils ont reconnus.

Des cocktails Molotov ont été lancés contre la gendarmerie de Belleville (commune du Rhône à 12 km de Villefranche). Là, c’est un véritable attentat, les voitures ont été incendiées à l’intérieur de l’enceinte de la gendarmerie, sous les fenêtres des gendarmes. Pas de victimes, heureusement !

A cette recrudescence de la délinquance, quelle fut la riposte de la gauche ?

1) Il y eut d’abord la négation de la délinquance : c’était un "pur fantasme" , une "impression " d’insécurité "(alors que c’est cette insécurité non prise en compte qui a fait perdre la gauche).

2) Puis on a pris conscience de cette insécurité : mais on a immédiatement, en quelque sorte, pris la défense des délinquants : la pauvreté, le chômage et surtout le racisme étaient les causes du "mal des banlieues "

Les causes de cette criminalité

Ceux qui (sans nier la pauvreté et le chômage) avaient mis les mots réels sur cette réalité de l’insécurité : mafia, économie souterraine, criminalité organisée, hiérarchisée qui visent à faire régner la loi du quartier et non celle de la République !

Ceux-là étaient traités de racistes,de xénophobes, de lepénistes ! Comme l’auteur de cet article qui, avec des militants de gauche ont tenté d’alerter sur le danger de cette insécurité réelle et non fantasmée.

Du voile au viol

19/12/2007, Canada : " Mets un voile, sinon, tu pourrais être violée ". C’est ce qui circulait sur le net du Centre communautaire de Montréal. Les récalcitrantes subiraient "divorce, adultère, viol, enfants illégitimes comme la femme occidentale, prostituée non payée ".

C’est ainsi que les islamistes menacent les filles dans le monde occidental, parfois imprudemment sur leur site, mais surtout hypocritement, par leurs prêcheurs de haine dans les mosquées et par leurs émissaires dans les quartiers. " Ils sont toujours passés avant nous "nous disent les militantes féministes et laïques (NPNS, etc.).

Le voile

C’est couper les musulmans ( ou supposés musulmans) de la population non-musulmane pour mieux la contrôler.

Et la violence, là aussi, est utilisée :

- Dans la banlieue grenobloise, un militant laïque a pu voir la famille d’un copain de son fils "basculer" , les fils aînés partis en Algérie "pour se marier" ( ?) et le plus jeune frère (eh oui, les garçons aussi ! ) ayant une amie non-musulmane et refusant de se couper de ses amis non-musulmans, obligé de s’enfuir ! Et les amis inquiets ne savent trop comment l’aider sans le mettre en danger.

- Dans la banlieue de Bourgoin, une femme seule menacée par des intégristes : il suffit de travailler dans un service de contrôle, de surveillance, d’être un agent de État pour être harcelé, menacé ! D’autant que ces agents vivent aussi dans des HLM (faute de moyens pour vivre ailleurs ) et avec les populations qu’ils contrôlent, et qui les connaissent !

- Enfin et surtout, les filles et les femmes sont particulièrement visées par ces violences : menacées si elles refusent le voile, le mariage forcé, l’espace public leur est presque interdit, les caïds y font régner leur loi . Confortés par la force de la bande, ils peuvent agresser, voir tuer les filles qui résistent (Sohane et bien d’autres, en France, en Belgique etc.)

Intégrisme = frontière

Il faut donc bien comprendre que cet intégrisme religieux crée des frontières dans la population des quartiers, suscitant division, haine, soupçon. Le mot religion signifie relier, mais cet intégrisme exclut les autres religions et les non-religieux ! Car l’intégrisme islamique entraîne les autres religions, et l’intégrisme protestant (l’église évangélique) s’implante aussi dans les quartiers !

Communautés rivales, ethniques, religieuses, les prêcheurs de haine attisant les conflits. Le livre de Gilles Kepel et Jean-Pierre Mileli analyse ces discours : " Il faut combattre la démocratie, qui est une religion... qui repose sur la déification (sic) du peuple. Or, en Islam , la législation vient de Dieu ." (Ayman Alzawahiri)

Tout est dit dans cette phrase, la loi de l’islam doit régner (et pas celle de la République).

Et selon AL-Quaïda, "les ennemis , ce sont les juifs et les croisés".

Les prêcheurs utilisent les jeunes pour islamiser le quartier ,et parfois entraîner les délinquants vers le djihad.

L’islam politique

Mais ce qui va exacerber le ressentiment des jeunes, c’est l’islam politique.

Là, les militants utilisent l’islam à des fins politiques.

S’ils sont, ces jeunes, (ce qui est vrai) beaucoup plus touchés par le chômage, c’est à cause du racisme post colonial : ils sont les indigènes de la République (véritable insulte aux mouvements anticolonialistes français qui ont lutté contre le colonialisme).

Eux aussi se présentent masqués :

- Avec un discours hypocrite qui excuse les délinquants, les émeutes :

- Ils sont pour l’intégration, pour la laïcité (mais ouverte, positive comme dit Sarkozy !).

- Mais contre l’interdiction du voile à l’école)... Et donc en fait pour le voile ! Pour des aménagements partout dans tous les services publics, prières, cantines , piscines etc.

- Le prêcheur Tariq Ramadan (qui fut la coqueluche des mouvements altermondialistes) est le symbole même de cet islam politique.

- Son frère Hani Ramadan (lapidation qui purifie) représentant parfaitement l’intégrisme religieux islamique.

Tous deux travaillent à la séparation de la communauté musulmane ( Oumma) des autres communautés , et incitent à la violence et à la haine.

Enfin, il y a les délinquants.

Ils se nomment eux-mêmes "la caillera". Ce sont ces bandes "qui ont surgi sur la ruine politiquement organisée des cultures populaires". Excellente définition de Jean-Claude Michéa dans son livre "L’enseignement de l’ignorance".

Il s’agit de la fraction du lumpen-prolétariat définie par Engels " cette lie d’individus corrompus de toutes les classes ... de tous les alliés possibles , le pire".

Mais dire que cette fraction n’est pas intégrée est une erreur ! Elle est parfaitement intégrée au système capitaliste : elle a parfaitement compris le système, son objectif est le même : la thune , le bizness pour unique horizon et tous les moyens pour y arriver. Et c’est ainsi que l’économie parallèle est devenue un sous-produit de l’économie mondiale. Les délinquants sont donc bien les golden-boys d’en bas !

Évidemment, pour eux la triple obligation du don (Marcel Mauss, Essai sur le don) donner, recevoir et rendre, ils l’ont transformée en "recevoir, prendre et demander" (Beaumarchais, Figaro parlant des courtisans) . Et les délinquants d’en bas, eux, n’ont pas reçu grand chose, ils ne sont pas de riches héritiers et n’ont pas de relations dans le "bizness" d’en haut !

On pourrait dater historiquement l’apparition de cette délinquance à 1983-1984.

C’est à cette date que la gauche française a renoncé officiellement à la "rupture avec le capitalisme".

Et il faut se souvenir de l’objectif de Miterrand : ramener à moins de 10% le score du parti communiste. (il faut dire que cet objectif a été atteint, le PCF à 1,9 % maintenant ! Mais c’est aussi une défaite entraînant l’autre, la défaite du parti socialiste. Pour reprendre l’expression de Ségolène mais inversée c’est du perdant-perdant !).

Comment comprendre le naufrage actuel de cette gauche si on ne revient pas à cette rupture ? Il fallait donc entraîner le parti communiste dans ce naufrage "pluriel", instaurer le système proportionnel pour installer le Front national, qui allait servir de repoussoir, et à donner un nouveau sens au mot populisme - qui faisait jusque-là partie d’une tradition populaire et révolutionnaire estimable. Un sens poujadiste, lepéniste. Et, pour faire avaler les couleuvres de l’Europe, la destruction des droits nationaux des peuples, pour faire avaler la mondialisation, la main invisible du marché, il fallait un idéal de substitution : "la lutte contre le racisme, l’intolérance et toutes les formes d’exclusion " remplaçant... la lutte des classes, devenue obsolète !

Pour cela, il fallait une école qui soit "adaptée" aux lois du marché, il fallait la rendre "moderne" (c’est le mot employé, pour organiser... sa destruction).

Le rapport de la "Table ronde de Philadelphie" février 1996 définit bien les objectifs : la mission coûteuse d’enseigner des savoirs réels ne sera réservée qu’à un certain nombre d’élèves (employables). Les autres, les plus nombreux, seront destinés à être inemployés ( travail flexible, emplois MAcDo etc.

"Ils ne constitueront jamais un marché rentable"

Voilà le programme politique pour l’école capitaliste "mondialisée". Force est de reconnaître que ce programme était beaucoup plus facile à mettre en place sous un gouvernement de gauche type "libéral-libertaire" !

Des enseignants essayèrent de décrypter ces programmes et d’alerter sur le danger de cette "modernisation" de l’école, qui consistait à "alléger" les programmes d’heures de français, de mathémathiques, de" savoirs réels" pour une école ouverte aux grandes firmes devenues partenaires, aux intervenants de toutes sortes, à une "éducation citoyenne" , le mot citoyen étant employé à toutes les sauces ! Même le fonctionnement de la banque "partenaire" faisait partie de l’éducation citoyenne !

C’est aussi cette destruction de l’école qui a fabriqué des délinquants, sortis du système scolaire sans même savoir lire ni écrire. Et qui vont "tenir les murs "au bas des immeubles et entrer dans l’apprentissage... de la délinquance (au lieu d’un métier).

Les classes populaires, pendant ce temps, perdaient de plus en plus, sécurité de l’emploi, baisse des salaires, remise en cause de tous leurs acquis.

Lente destruction de toutes leurs organisations politiques, syndicales, associatives qui structuraient les quartiers.

Et organisaint l’encadrement des enfants (hors vacances) et des jeunes, maîtrisant ainsi la délinquance.

Plus rien , c’est "la ruine politiquement organisée sur les cultures populaires" (J.C Michéa).

Dans ces quartiers divisés par les communautarismes ethniques, religieux , quand s’ajoute encore la délinquance ?

Que deviennent les classes populaires ? Ces laissés pour compte de la classe ouvrière, y compris d’origine immigrée, qui subissent travail précaire, délocalisations, chômage, salaires insuffisants, ceux qui subissent à la fois les agressions de leurs employeurs et celles des délinquants, ceux qui ne brûlent pas les voitures, mais perdent pied, sans la force que constituaient les partis progressistes, notamment le parti communiste , et tout l’appareil syndical, associatif qui structurait les quartiers, maintenant la cohésion sociale par un militantisme hélas disparu ? C’est cette classe populaire, la classe ouvrière qui, abandonnée par une "gauche boboïsée" a subi de plein fouet l’insécurité réelle de ces quartiers communautarisés par l’islam religieux et politique, et en plus ! a subi les agressions des délinquants .

Et quand ces victimes de tout, insécurité sociale, économique et insécurité dans leurs quartiers populaires osaient se plaindre ? "Pur fantasme " leur répondait cette gauche-là, qui les traitait de racistes, de " petits blancs", de xénophobes !

C’est ce mépris, ce déni de justice que les électeurs ont sanctionné dans les urnes !

Ce fut une grave erreur de ne pas se rendre compte que cette insécurité permanente , les ouvriers, les employés , les habitants de ces quartiers ne la supportaient plus !

Bien sûr que la sécurité est une valeur de gauche !

C’est pour avoir refusé de le comprendre que la gauche a perdu les élections, à plusieurs reprises. C’est une des raisons, il y en eut d’autres, bien sûr.

Alors, comment reconstruire sur des ruines ?

1) L’Europe : le NON au TCE , expression de la souveraineté populaire, non respecté : souveraineté bafouée, cette Europe des délocalisations, de la casse du droit du travail etc. est source d’insécurité.

2) La division du peuple souverain en communautés ethniques, religieuses, régionales est une capitulation républicaine.

3 )Une partie de Extrême gauche participe à cette capitulation républicaine , à ce désastre organisationnel en assimilant communisme et islamisme politique : le livre de Carlos, figure du terrorisme international (qui mériterait une critique détaillée) est révélateur de ce que veut dire l’entreprise. Le "révolutionnaire" se dit "soumis à un pouvoir céleste tout puissant". Diable, voilà un révolutionnaire qui prétend délivrer le peuple et lui-même soumis à un être supérieur ?? Il dit encore " l’homme moderne ne peut se passer de Dieu" c’est dire que les pensées de Carlos sont loin, bien loin des théories communistes !

C’est dire aussi qu’il faut, pour les militants de gauche , revenir à une analyse du processus de déconstitution historique, de désintégration civique.

Les classes n’existeraient plus, il faudrait abandonner la lutte des classes ? C’est ce que dit Mme Lagarde pour faire avaler les reculs, et les "dé" (délocalisations désindustrialisation, etc.).

Mais Mme Lagarde est la représentante d’une classe, la classe dominante ! Elle a donc bien peur que le peuple en vienne à penser, à analyser ?

Le spectre du communisme bougerait-il encore ?

Il faut donc, à mon avis, reprendre ( la remontée des "re") pour reconstruire, pour réorienter le peuple.

Si, comme le dit Rousseau, le peuple ne peut être corrompu, il peut cependant être trompé. Il va se rendre compte de son erreur avec le temps.

A nous militants de l’aider à retrouver ses repères et à ne pas se laisser berner par les "élites" qui l’ont entraîné sur les chemins de la régression .

Mireille Popelin

Paru dans Sarkophage du 22 mars 2008

Avec l’aide du Centre d’ananlyse politique économique et sociale (C.A.P.E.S) de Tourcoing

et de ses nombreux chercheurs - de Marx, Engels

de Bernard Peloille ( La matrice de l’Union ) critique de la raison européenne ( 1er tome)

Publié dans Politique et société

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