Mobilisation pour un journaliste afghan condamné à mort pour "blasphème"

Publié le par Comité 1905 Draguignan

Près de deux mois après la condamnation à mort pour "blasphème" contre le Coran de Perwiz Kambakhsh, étudiant et journaliste de 23 ans, par un tribunal de Mazar-e-Charif (nord de l'Afghanistan), la famille de celui-ci espère que la mobilisation internationale en sa faveur permettra de le sauver de l'exécution.

 

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if ( undefined !== MIA.Pub.OAS.events ) { MIA.Pub.OAS.events["pubOAS_middle"] = "pubOAS_middle"; } De passage en France avant de se rendre en Belgique et aux Pays-Bas, son frère, Yacub Ibrahimi, s'efforce de consolider un mouvement de soutien qui s'est déjà traduit par de nombreuses interventions de dirigeants occidentaux. Le Parlement européen a exhorté, jeudi 13 mars, les autorités de Kaboul à gracier M. Kambakhsh.

 

Journaliste à Jahan-e Naw ("le monde nouveau"), M. Kambakhsh avait été condamné à la peine capitale, le 22 janvier, pour avoir prétendument téléchargé à partir d'un site Internet, puis distribué sur son campus de Mazar-e-Charif, un document - écrit par un intellectuel iranien en exil - qui a déclenché la fureur des groupes fondamentalistes. Le texte considérait que les prescriptions du Coran sur la condition des femmes étaient contraires à la Déclaration universelle des droits de l'homme. Lors d'une conférence de presse à Paris dans les locaux de Reporters sans frontières (RSF), Yacub Ibrahimi a dénoncé, mardi 11 mars, les manipulations ayant entouré ce procès tenu à huis clos et sans la présence d'un avocat de la défense.

M. Ibrahimi a nié que son frère ait téléchargé l'article incriminé, a fortiori qu'il l'ait distribué autour de lui. Journaliste lui-même, et collaborateur de médias étrangers dans le nord de l'Afghanistan, M. Ibrahimi a expliqué que la condamnation de son frère visait en fait ses propres engagements professionnels. "Mes articles m'ont valu d'être dénoncé par les chefs de factions armées dont j'ai critiqué les exactions, a-t-il précisé. Comme ils ne peuvent s'attaquer directement à moi en raison de mes relations avec la presse internationale, ils s'en prennent à ma famille. Seigneurs de la guerre et fondamentalistes partagent la même haine de la liberté d'expression."

M. Kambakhsh a fait appel. Son dossier devrait en principe être transféré de Mazar-e-Charif à Kaboul où, selon sa famille, les pressions politiques sont moins fortes. RSF affirme avoir obtenu du président Hamid Karzaï l'assurance qu'il ne signerait pas l'ordre d'exécution de M. Kambakhsh.

Frédéric Bobin

Publié dans Politique et société

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