Sectes : la directrice de cabinet de M. Sarkozy revient sur ses propos polémiques

Publié le par Comité 1905 Draguignan

Dans un entretien publié dans Le Figaro, jeudi 21 février, Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, revient  sur ses propos polémiques tenus au sujet des sectes. Démentant à nouveau les déclarations publiées mercredi par l'hebdomadaire VSD – "Je n'ai pas dit la phrase que l'on me prête" –, Mme Mignon explique : "Ce n'est pas parce qu'un mouvement spirituel n'appartient pas officiellement à une Eglise traditionnelle, comme l'Eglise catholique, qu'il est nécessairement sectaire."

 

if ( undefined !== MIA.Pub.OAS.events ) { MIA.Pub.OAS.events["pubOAS_middle"] = "pubOAS_middle"; } Invoquant la "liberté de conscience", la directrice de cabinet du président de la République estime qu'à partir du moment où un mouvement "ne crée pas de trouble à l'ordre public" et qu'"il n'est pas à l'origine d'abus de faiblesse de gens, notre législation ne permet pas de l'interdire".

 

La polémique était née d'un entretien publié mercredi par VSD, dans lequel Emmanuelle Mignon affirmait que "les sectes sont un non-problème" en France. Malgré les démentis de Mme Mignon, la direction de VSD  maintient que les "propos cités dans l'entretien ont bien été tenus".

 

Dans cet entretien, elle estime que "la lutte contre les sectes a longtemps permis de dissimuler les vrais sujets". Au sujet de la Scientologie, qui figure sur la liste des mouvements sectaires mise au point en 1995 par la commission parlementaire d'enquête sur les sectes, Mme Mignon avoue "ne pas les connaître", "mais on peut s'interroger. Ou bien c'est une dangereuse organisation et on l'interdit, ou alors ils ne représentent pas de menace particulière pour l'ordre public et ils ont le droit d'exister en paix".

Elle s'en prend également à la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). Questionnée par VSD sur l'éventuelle suppression de cette organisation, elle répond : "Non, mais plutôt la transformer en quelque chose de plus efficace et en finir avec le bla-bla. A part publier des rapports annuels, la Miviludes ne fait rien."

"MÉCONNAISSANCE TOTALE DU SUJET"

Emmanuelle Mignon a écrit certains des discours les plus contestés de Nicolas Sarkozy sur la religion et la laïcité, en particulier celui de Latran, et inspiré sa dernière initiative concernant le "parrainage" par chaque élève de CM2 d'un enfant juif français tué par les nazis.

Ces propos ont en tous cas déclenché une salve de critiques mercredi. "Même amendés, [ces propos] relèvent au minimum, d'une méconnaissance totale du sujet" s'est emporté le député UMP Alain Gest, auteur du rapport de la commission d'enquête sur les sectes de 1995 et membre du conseil d'orientation de la Miviludes. "C'est ignorer les difficultés et les souffrances rencontrées par de très nombreuses familles confrontées à des déviances sectaires. C'est limiter à quelques mouvements très médiatisés un phénomène qui concerne, en réalité, une multiplicité de petits organismes qui manipulent nombre de nos concitoyens."

LA SCIENTOLOGIE SE RÉJOUIT DES PROPOS DE MME MIGNON

Julien Dray, porte-parole du Parti socialiste, a déclaré mercredi que "dans les mois à venir, l'ensemble du camp laïque va devoir descendre dans la rue pour exprimer cette nécessité et cet impératif" de défendre la loi de 1905 de séparation de l'Eglise et de l'Etat. François Bayrou, président du MoDem, a lui jugé mercredi "infiniment troublants" les propos sur la Scientologie d'Emmanuelle Mignon.

La Scientologie s'est, elle, félicitée des propos de Mme Mignon : "La France évolue dans le bon sens, a estimé Danielle Gounord, du service de communication du mouvement. Elle s'aligne désormais sur la majorité des pays européens." La Scientologie est considérée comme une secte dans les rapports parlementaires français, mais bénéficie du statut de religion dans d'autres pays, comme les Etats-Unis.

Publié dans Politique et société

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