M. de Villepin s'étonne, M. Hollande approuve

Publié le par Comité 1905 Draguignan

Une partie des responsables politiques et le monde enseignant ont accueilli fraîchement la décision de Nicolas Sarkozy de confier à chaque élève de CM2 la mémoire d'un enfant déporté.

L'ancien premier ministre Dominique de Villepin l'a jugée "étrange". "Je ne crois pas que l'on puisse imposer la mémoire, que l'on puisse la décréter", a-t-il déclaré, jeudi 14 février. Au Parti socialiste, Jean-Luc Mélenchon a critiqué le chef de l'Etat qui voudrait "infliger une cure de mémoire aux écoliers". Il se démarquait ainsi du premier secrétaire, François Hollande, qui a jugé que "chaque fois que l'on peut transmettre les exigences du devoir de mémoire, il faut le faire". Ancien ministre de l'éducation, le président du MoDem, François Bayrou, a critiqué une décision prise "sans que l'on y ait réfléchi".

 

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La décision du président de la République de confier à chaque élève de CM2 la mémoire d'un enfant français victime de la Shoah est saluée par une porte-parole du Mémorial Yad Vashem, à Jérusalem : "C'est une approche très positive de se souvenir et de s'identifier avec des jeunes victimes de l'Holocauste." Des associations cultivent la mémoire en retraçant la vie de victimes, mais c'est la "première fois" qu'une telle initiative émane d'un chef d'Etat.

L'UMP a approuvé "avec force" l'annonce de M. Sarkozy. Le président du groupe à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, s'est félicité d'une "démarche qui invite les enfants de France à se sentir associés à l'indispensable devoir de mémoire" et "honore l'idée que nous nous faisons de notre République".

 

 

"UN PEU NORMATIVE"

 

Le Syndicat des enseignants-UNSA s'est dit "particulièrement choqué de cette initiative du président, qui ignore tout de la façon dont un jeune se construit". Jugeant que l'enseignement de la Shoah et des valeurs de la République "n'est pas affaire d'émotion", il a dénoncé "une nouvelle intrusion du politique dans le pédagogique". Le Snuipp-FSU a estimé que cette décision comportait des "risques de troubles psychologiques" et pouvait avoir "un effet contraire à l'objectif recherché". Il a regretté une "annonce faite sans aucune consultation des enseignants, psychologues et pédopsychiatres".

Le ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos, a confié dans la journée de jeudi une "mission pédagogique" à Hélène Waysbord-Loing, présidente de l'association de la Maison d'Izieu, afin qu'elle élabore "les documents pédagogiques valorisant ce travail auprès des enseignants". M. Darcos a concédé que l'idée du président, "que l'on peut trouver bonne ou mauvaise", était "un peu normative", puis a affirmé que "la relation personnelle, affective entre un enfant d'aujourd'hui et un enfant du même âge qui a été enlevé et gazé pourra permettre de construire un travail pédagogique". Il s'agit "de donner du sens à l'horreur", a défendu le ministre.

La Fondation pour la mémoire de la Shoah, rappelant que l'histoire de l'Holocauste est déjà abordée au primaire, a exprimé sa "confiance dans la capacité du ministère à mettre (cette idée) en oeuvre avec le souci de ne pas heurter les différentes sensibilités".

S. L. B.

Publié dans Politique et société

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